#50 Un point retroplanning, le temps du recul : où en est Capsule ?

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6 minutes pour faire le point10534422_752040564860715_6456786454597252732_nL’objectif de ce Journal d’un canard est avant tout la transparence – sur nos recherches, sur nos contributeurs, sur la façon dont nous élaborons peu à peu notre charte éditorialenotre modèle économique, etc. Tout ce qui concerne Capsule est ainsi dans ces pages (qui n’intéresseront que quelques personnes passionnées d’entrepreneuriat, quelques amis et quelques curieux… peut-être les trois à la fois, qu’importe, elles existent, faites-en ce que vous voulez :) ).

Fidèle à cet objectif, quelques mois après la publication de notre retroplanning en préparation de la sortie de Capsule, je tiens à vous dévoiler où nous en sommes.

Oui, je dis souvent « nous » et « nos », mais vous aurez remarqué, à la lecture de ce journal, que si je suis profondément heureuse de la petite équipe qui s’active autour de Capsule pour apporter de nouvelles idées et critiquer celles mises en oeuvrecette démarche de création et de construction est avant tout bien solitaire : il s’agit de la mienne.

Je ne m’en plains pas du tout, j’ai souhaité assumer ce rôle dès le départ, invitant qui le souhaitait à me rejoindre et m’enthousiasmant de chaque nouveau venu, poursuivant seule le reste du temps. Ce travail de création, de planification, d’anticipation et de constitution d’équipe est un travail énorme. Mais c’est un travail que j’aime, un travail qui me passionne, et je peux soulever des montagnes dans ces conditions.

Le hic, c’est que je sais que cette phase-là ne dure malheureusement pas.

Où en sommes-nous aujourd’hui ? Vacances, j’oublie tout

Après plusieurs mois de travail, le chemin de fer (page 1 il y aura ça, page 2 il y aura ça, etc.) était prêt, la maquette avançait grâce à l’aide précieuse de Glwadys. Nous travaillions par ailleurs avec Pierre-Emmanuel   sur une campagne de crowdfunding dont le lancement était prévu à la rentrée sur Kiss Kiss Bank Bank en vue de se constituer une base d’abonnés et de premiers annonceurs avant le lancement de la version papier de Capsule en février 2015. Pour résumer, nous avions ainsi de l’avance dans mon fameux retroplanning, de quoi se permettre de prendre quelques semaines de vacances en août, un temps de réflexion nécessaire.

D’expérience, je sais que tout ce travail précédant le lancement effectif d’une nouvelle entreprise n’est rien en comparaison de celui qui attend un entrepreneur à partir du lancement. Tout va ensuite bien plus vite, on se sent rapidement dépassé, la tête dans le guidon, les décisions deviennent plus difficiles à prendre (et génèrent mécaniquement davantage d’erreurs de stratégie et de gestion)… c’est à partir de ce moment-là que la solidité et la fiabilité de l’équipe qu’on a su constituer sont des points clés.

Eté 2014, prise de conscience accrue d’un problème majeur : la petite équipe de Capsule est enthousiaste et motivée… mais loin de l’être suffisamment pour concrétiser ce projet avec ses composantes actuelles.

Il est hors de question pour moi de jeter la pierre à qui que ce soit, ce n’est absolument pas mon propos. Ce dernier est tout simplement d’être réaliste et de revenir à mes motivations premières, condition sine qua none pour tenir sur la longueur : la petite équipe autour de Capsule est à ce jour constituée d’amis, de potes, de potes de potes, et je ne veux pas passer les prochains mois à n’être pour eux que la nana qui leur court après pour une deadline mortelle de rendu d’article ou de dessin et le respect d’une charte éditoriale, et qui parallèlement passe sa vie en quête de fonds et d’annonceurs. Bien sûr, je pourrais le faire, mais ce n’est pas la relation que j’ai envie d’avoir avec eux, et surtout ce n’est pas le métier que j’ai envie d’exercer.

Quand on mise une bonne partie de ses économies sur un projet et tant de son énergie, la motivation pour ce qu’on peut en obtenir est primordiale.

L’image que je me faisais de Capsule, jusqu’à récemment, supposait une rédaction « tournante », sous-entendant que très peu de rédacteurs (aucun au début sans doute) ne serait à temps plein sur Capsule, et donc que chacun devrait composer avec son autre activité professionnelle. Possible, certes, je le fais, mais tout le monde n’est pas prêt à le faire, et quoi qu’il en soit cette organisation, avant même d’exister, comporte de trop grands risques de tensions pour toutes les parties. Or une mauvaise ambiance mène nécessairement à un mauvais produit.

Ma motivation est et a toujours été de créer le magazine/média/journal que j’aurais envie de lire, ce qui suppose de maintenir de bonnes relations avec tous les participants à son élaboration. En l’état actuel du modèle économique, des fonds disponibles,  du produit… avec le recul, ce n’est pas ce sur quoi j’ai envie de travailler. Je pressens trop fortement que je ne tiendrai pas trois mois avec les contraintes actuelles du projet.

Alors, Capsule, fini ? Loin de là.

Où en suis-je ? De la belle idée à la bonne idée

Il y a eu des indices soulignant le fossé entre la belle idée (on aime que ça existe mais on ne le consulte pas, quant à l’acheter encore moins) à la bonne idée (réalisable, adaptée tant à la cible qu’aux moyens disponibles).

Premier indice : un format court, c’est pas si mal quand on a décroché de l’info

L’un de mes frères, à qui je faisais découvrir Humanoïde (la nouvelle publication de l’équipe de Canard PC, que je vous recommande TRES chaleureusement), me disant « ah, tu vois, ça c’est un format d’article que je lis en entier » (taille de l’article visé : un tiers de page, bien loin des 5000-6000 signes d’un article de Capsule tel que je l’envisageais au sein d’un magazine de 64 pages). Ce même frère me faisant remarquer qu’il avait adoré mon « article sur l’Irak » (je savais n’avoir alors rien écrit sur ce sujet que je puisse intituler « article »… jusqu’à ce que je réalise qu’il me parlait en réalité d’une introduction de 15 lignes au sein d’un sommaire de Capsule).

Ce frère dans mon coeur de cible, manquant d’une sélection, d’un récapitulatif et d’une pointe de contextualisation, pourquoi ne pas lui offrir ce qu’il demande, à savoir des synthèses de 20 lignes (que je fais déjà par ailleurs pour des entrepreneurs ici) ?

Ma soeur et d’autres m’avaient déjà fait remarquer que le format de l’article-test sur la SNCF était trop long par rapport à leur besoin. Le principe du « stop ou encore », avec plusieurs niveaux de lecture, m’a toujours séduite, pourquoi ne pas aller davantage en ce sens ?

Deuxième indice : des articles de qualité, il en existe plein la toile, il suffit de savoir les trouver

Avec notre système de sélection des sujets sur Tricider, j’ai remarqué ces derniers mois que quel que soit le niveau d’implication des uns et des autres, poster un lien vers un bon article sur Tricider prend 30 secondes et mène à des pépites (je remercie au passage les huit personnes, oui huit, à m’avoir transmis fin août l’excellent reportage d’Arte « Presse : un monde sans papier »).

Et comme le soulignait Antoine dans un de ses billets, pourquoi ne pas se reposer sur l’existant, en mêlant dans un même format des synthèses récapitulatives pour la contextualisation et des liens vers des articles voire des reportages et webdocs dénichés sur la toile pour aller plus loin ?

Un lien hypertexte n’est pas une atteinte au droit d’auteur dès lors que les articles vers lesquels ils pointent sont librement accessibles. Alors, pourquoi pas ?

Troisième indice : pourquoi faire tirer et expédier un magazine de 64 pages lorsque le format papier a surtout vocation à être un bel objet et un support sur lequel on peut revenir sans risque d’oubli ?

« Pourquoi ne pas faire une feuille de chou ? », m’a suggéré Glwadys lorsque je lui ai fait part de mes réflexions sur Capsule. En d’autres termes, pourquoi ne pas

Avantages décisifs de cette option feuille de chou :

  • Réduction drastique de l’équipe nécessaire : tout peut être lancé sans rédacteurs extérieurs qu’il aurait fallu manager, corriger, payer – bref, au moins pendant un certain temps, je peux tout rédiger moi-même et qui m’aime me suive (pour signaler des articles chouettes, pour rédiger le cas échéant certaines synthèses…)
  • Réduction drastique des coûts d’impression, et même possibilité de lancer de manière très artisanale en investissant simplement dans une chouette imprimante grand format
  • Réduction drastique des frais postaux, et même possibilité de s’affranchir (s’affranchir, Poste, hahaha) du régime économique de la presse sans se ruiner : en prime, si on renonce au régime économique de la presse, on fait ce qu’on veut en termes de distribution, ce qui ne peut que me plaire.

Finalement, un produit plus adapté à sa cible, moins cher et moins contraignant à produire, si ce n’est pas la teuf. Hop, je pivote !

Et après ?

J’y vais progressivement, mais vous avez pu commencer à découvrir ce que donnerait concrètement Capsule avec le numéro de septembre, ici *.

Cette formule va se préciser dans les mois qui viennent, notamment en ajoutant plus de liens, en produisant les images plutôt qu’en les glanant ça et là, en affinant le ton, en arbitrant sur la diffusion (en distinguant ce qui apparait dans la newsletter, ce qui apparait sur le site, et ce qui apparait sur le papier), en revoyant tout le modèle économique… J’y travaille, et vos retours, applaudissements, critiques, alleluia et plaintes sont toujours bienvenus, évidemment.

J’ai commencé la refonte de ce site, également, en vue de le rendre plus conforme au nouveau produit. L’essentiel pour vous ne change pas : chaque mois, le Tricider, notre outil de sélection des sujets, est là pour recueillir vos idées de sujets, vos votes et vos meilleurs liens (celui du mois en cours est ici).

Enfin, la date de lancement du format papier ne change pas et reste février 2015.

D’ici là, vous pouvez d’ores et déjà vous inscrire ici (oui, c’est gratuit) pour recevoir dès le mois prochain Capsule dans votre boîte mail. 

* Les retours sur cette première tentative ont été extrêmement encourageants, merci à tous !

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Fondatrice de Capsule, curieuse, stakhanoviste, entreprenante et enthousiaste

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