Février 2015, ils sont tous pourris

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Bonjour à tous !

« Tous pourris », je vous l’accorde, c’est un peu facile. Mettons-y un peu de subtilité, s’il-vous-plait. Pourris oui, mais pourris comment ?

En février, vous aviez

    • d’un côté, les pourris de grande envergure, avec des moyens et tout : Vladimir Poutine en Ukraine, Daech en Libye et peut-être bientôt en Egypte et en Italie, les agences de renseignement piratant jusqu’à vos cartes SIM, HSBC et ses quelques 100 000 évadés fiscaux (Swissleaks)…
    • de l’autre, les pourris amateurs et semi-pro : l’auteur des attaques de Copenhague, certains prévenus au procès de l’affaire du Carlton de Lille,  au choix le camp qui vous dérange le plus dans les discussions autour du projet de loi Macron, les gaspilleurs  professionnels d’argent public …

Toujours trop facile ? Vous avez bien raison. Ajoutons quelques nuances de gris avec les peut-être pourris, comme les complotistes anti-vaccins ou ceux qui rêvent de la possibilité d’avoir plus de deux parents biologiques.

J’espère que ce récap’ de l’actu du mois en 10 synthèses et quelques brèves ne sera pas, lui, trop pourri… d’ailleurs, si vous souhaitez le critiquer pour l’améliorer, ça prend 5 minutes et ça se passe par ici ;) 

Si vous avez survolé l’info au mois de février 2015 …

L’ancien directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn comparaissait devant le tribunal correctionnel de Lille dans le cadre du procès de l’affaire dite “du Carlton” (proxénétisme aggravé en réunion)

Carte de France 2015 Lille

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Du 2 au 20 février, quatorze prévenus comparaissaient à Lille pour “proxénétisme aggravé en réunion” : ce premier point est important puisqu’il s’agit d’un délit, et non d’un crime (ce que sont par exemple le viol ou le « proxénétisme aggravé en bande organisée »). Cela signifie avant tout que le procès s’est déroulé devant un tribunal correctionnel, et non devant une cour d’assises et un jury populaire.

Ce procès a surtout fait la Une pendant des semaines en raison de la présence de Dominique Strauss-Kahn (DSK) parmi les prévenus. Ancien ministre, ancien favori pour la présidence de la République française et ancien directeur du Fonds Monétaire Internationale (FMI), DSK avait déjà fait entendre parler de lui dans “l’affaire du Sofitel”, en 2011 (il était alors accusé de viol par une femme de ménage, Nafissatou Diallo, et l’affaire s’était close en décembre 2012 par un accord financier confidentiel avec l’accusatrice). En France, pas d’accord financier possible pour s’en tirer, chacun voulait donc sa place aux premières loges pour assister au feuilleton “la chute du puissant – volume 2”.

Concrètement, le tribunal devait examiner si la plupart des prévenus, face au tribunal et à d’anciennes prostituées qui s’étaient portées parties civiles, étaient “clients” ou “proxénètes”. La différence est importante en droit français, puisqu’il s’agissait de déterminer s’ils avaient aidé, assisté, protégé ou tiré profit de la prostitution d’autrui. A Paris, Washington, Vienne et Madrid, le réseau concerné a organisé des parties fines, auxquelles a participé DSK qui a toujours déclaré ignorer que ses partenaires étaient des prostituées rémunérées. Les prostituées auraient été envoyées de Belgique par Dominique Alderweireld, surnommé « Dodo la Saumure », et sa femme, tous deux gérants de maisons closes en Belgique. Si vous cherchez le rapport avec l’hôtel Carlton de Lille, c’est que l’ancien chargé de relations publiques de cet hôtel, René Kojfer, a été le premier à être poursuivi dans cette affaire, et que Francis Henrion et Hervé Franchois, respectivement directeur et propriétaire de l’hôtel, sont soupçonnés d’avoir aidé des clients à trouver des prostituées.

Après plusieurs semaines de débats et de déballages et le retrait de leur constitution de partie civile à l’encontre de DSK par “Equipes d’action contre le proxénétisme” et par quatre anciennes prostituées, le soufflet est retombé. Si on en sait désormais beaucoup (plus) sur les penchants sexuels de DSK (on n’y tenait pas trop), cela ne fait pas de lui un proxénète, en tous cas pas aux yeux du procureur, qui a requis sa relaxe. Nous saurons ce qu’en pensent les juges le 12 juin prochain, lorsque le jugement sera rendu.

Ce procès a quoi qu’il en soit (un tout petit peu) permis de ranimer le débat sur la prostitution en France, où elle est tolérée (les clients ne sont pas pénalisés) mais n’est pas légalisée, ce qui y interdit les activités telles que le racolage et le proxénétisme (maisons closes, soutien de la prostitution d’autrui).

Seul l’Etat reste proxénète en France, puisque les revenus des prostitué(e)s sont assujettis à l’imposition sur le revenu, point régulièrement dénoncé tant par les partisans de la légalisation que par ceux d’une interdiction plus ferme. Eh oui.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’affaire du Carlton de Lille, c’est par ici  

Une enquête journalistique internationale a révélé “Swiss Leaks”, une immense affaire d’évasion fiscale organisée par la banque HSBC via sa filiale en Suisse

Carte de la Suisse en Europe Capsule 2015
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Je vous l’expliquais en décembre à propos de l”affaire dite “Luxleaks” : si le Luxembourg s’avère une excellente plaque tournante de l’évasion fiscale, d’autres gardent leurs atouts en la matière.

Le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), qui avait révélé l’affaire LuxLeaks, vient de rempiler en révélant le 8 février que la banque HSBC était impliquée dans une évasion fiscale frauduleuse internationale concernant 100 000 personnes, dont 3000 Français, pour un montant d’environ 180 milliards d’euros entre 2006 et 2007. Même si certains ont régularisé leur situation depuis, vous retrouviez dans la liste des évadés fiscaux de nombreuses personnalités, comme Gad Elmaleh, John Malkovich, Jacques Dessange, Christophe Dugarry ou encore le roi du Maroc, Mohammed VI. Vous retrouviez aussi des groupes criminels (drogue, marchands d’armes et même terroristes avec la Golden Chain servant à financer Al-Qaida) – pourquoi se limiter à la fraude fiscale quand on peut aussi blanchir de l’argent ?

Chapeau à l’immense opération de journalisme transnational (plus de 150 journalistes ont travaillé sur cette enquête), pas chapeau à HSBC qui se retrouve au coeur d’un scandale planétaire. En pratique, la filiale suisse de HSBC Private Bank aurait ainsi aidé ces clients à dissimuler des fonds aux autorités de leurs pays en Suisse et  dans des paradis fiscaux. Tout aurait pu rester secret encore un bout de temps si un ex-employé de cette filiale suisse, Hervé Falciani, expert informatique, ne lui avait pas dérobé des archives de comptes bancaires et ne les avait pas remis au fisc français fin 2008. Depuis, les listings ont été décryptés et triés, puis partagés avec des administrations fiscales à l’étranger. Les investigations internationales des journalistes ont permis d’aller beaucoup plus loin.

Le super gros hic, c’est que HSBC a des filiales dans plus de 80 pays et que c’est loin d’être la première affaire qui la concerne. Par exemple, en 2013, sa filiale américaine était condamnée à une amende de 1,9 milliard de dollars pour blanchiment d’argent de narco-trafiquants.

“Mais que fait la police”, me direz-vous ? Deux tapes sur les doigts tout au plus. On en revient encore à la seule question intéressantecomment lutter efficacement (et nécessairement au niveau international face à des groupes, comme HSBC, de plus de 300 000 personnes dans le monde) contre ces pratiques d’évasion voire de fraude fiscale ?

Il y a certes des banques plus pourries que d’autres (ou qui se font gauler plus souvent, ou qui spéculent carrément sur la faim). Et oui, on peut renforcer les dispositifs de contrôle. Mais cela n’arrange pas tout le monde, et pour cause :  les Etats ont AUSSI intérêt à mettre en oeuvre des dispositifs fiscaux avantageux pour attirer les capitaux chez eux, et donc à favoriser … l’évasion fiscale. Va falloir choisir hein.

En attendant je prends les paris : la prochaine révélation “Bidule Leaks” est pour dans max 2 mois.

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’évasion fiscale, c’est par ici

Les débats à l’Assemblée nationale sur le projet de “loi Macron” ont enchaîné les tollés, en particulier sur le secret des affaires, l’ouverture des magasins le dimanche et le recours à l’article 49-3 de la Constitution

Capture d’écran Twitter Macron
Capture d’écran – Twitter

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Je vous l’annonçais fin décembre, le projet de loi fourre-tout de notre ministre de l’Economie Emmanuel Macron allait être discuté prochainement à l’Assemblée nationale. Le texte n’était déjà pas bien populaire, déclenchant de nombreuses manifestations, et cela ne s’est pas arrangé ce mois-ci.

  • A moins d’être journaliste (ou en contact avec un ou des journalistes, ou très actif sur Twitter), vous avez pu passer à côté de la pétition lancée fin janvier par Médiapart à grands renforts de larmoiements au sujet de l’instauration de la protection du secret des affaires. “Informer n’est pas un délit”, lançait la fronde de journalistes… sauf que personne ne disait le contraire. Le texte de loi prévoyait explicitement des exceptions à cette protection, je cite, “dans les cas où la loi impose ou autorise la révélation du secret” et pour “celui qui informe ou signale aux autorités compétentes des faits susceptibles de constituer des infractions aux lois et règlements en vigueur dont il a eu connaissance”. Le Gouvernement n’a même pas cherché à expliquer le bien-fondé de la démarche ou à modifier le texte et a simplement retiré ces dispositions du projet de loi. Question de temps, puisqu’il n’y avait là rien de bien neuf (la notion de secret des affaires était déjà utilisée en droit français), et pas grand chose de plus que les propositions européennes, qui pour votre information avaient fait l’objet d’une consultation publique en… 2012.
  • Dans la série pétards mouillés, les débats sur le sacro-saint dimanche, ou plutôt sur le travail le dimanche. L’avancée finalement retenue n’a pas de quoi faire crier au loup : 0 à 12 dimanches par an possibles, au choix des élus locaux, et création de zones touristiques où les commerces pourront ouvrir les dimanche et jusqu’à minuit (Paris, Nice, Cannes et Deauville). De là à dire qu’on a “libéralisé le travail le dimanche”, on a encore pas mal de marge.
  • Les trois grandes ambitions du texte  “sur l’activité et la croissance” étaient la lutte contre la “défiance”, la “complexité” et le “corporatisme”. Des milliers d’amendements plus tard, il n’en restait pas grand chose (notamment un grand recul sur les professions réglementées, en particulier les notaires), mais il y avait encore des mécontents. L’UMP ne le trouvait pas assez libéral, une partie de la gauche beaucoup trop, et blablabla. Au bout d’un moment, ça suffit. Alors que le président François Hollande et son Premier ministre Manuel Valls s’insurgeaient il y a quelques années contre le recours à l’article 49-3 de la Constitution, qui permet grosso modo de faire passer un texte sans vote de l’Assemblée en échange de la possibilité pour celle-ci de voter en faveur de la démission du Gouvernement (ce qui n’avait aucune chance de se produire vue la majorité PS à l’Assemblée nationale), ils l’ont fait. Sans surprise, la motion de censure a été rejetée, et vivent le permis de conduire qui pourra être passé plus rapidement et les transports en autocar qui se retrouvent libéralisés.

Le texte est donc adopté à l’Assemblée nationale. La suite ? Cela se passera début avril devant le Sénat (majoritairement à droite, flopée de nouveaux amendements à prévoir), puis de nouveau à l’Assemblée où le Gouvernement pourra de nouveau recourir à l’article 49-3 s’il n’a pas envie de laisser les parlementaires (trop) parlementer.

En savoir plus sur le secret des affaires, le projet de loi Macron et plus largement la politique économique en France 

Comme chaque année, la Cour des Comptes a épinglé le gaspillage de l’argent public… pendant que d’autres dénoncent les dépenses du Parlement ou encore le coût des anciens présidents de la République

Bob l'éponge free money gif

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 “Youhou, le rapport de la Cour des comptes est sorti !”. Bon, ok, personne ne dit jamais ça. Il faut dire qu’on commence à s’habituer à ses conclusions – dérapage du déficit public, dépenses publiques absurdes et/ou hallucinantes, réformes nécessaires. La cuvée 2015 épinglait notamment les rémunérations des 91 000 fonctionnaires en poste outre-mer, l’échec de la mise en place du système intégré de paie des fonctionnaires (346 millions en pure perte) ou encore l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence.

On s’en fout ? Pas tout à fait. Je suis presque sûre que vous ne le saviez pas, mais 70% des recommandations de la Cour des comptes depuis trois ans ont été mises en oeuvre. Bon, ok, il s’agissait des plus faciles à appliquer, mais au stade de déficit où on en est, c’est déjà pas mal. Surtout que la France a désormais jusqu’en 2017 pour ramener son déficit sous les 3% de PIB (autrement dit, François Hollande et son Gouvernement peuvent s’en moquer, ils ne seront plus là pour se faire taper dessus).

Dans les points plus amusants, la Cour des comptes souligne que le temps de travail des agents du Conseil économique et social (CESE) n’est pas harassant, avec 54 jours de congés par an, hors jours fériés. Or depuis quelques semaines, en parallèle, Gérard Larcher, président du Sénat, et Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, se disputent par médias interposés, ce dernier s’étant déclaré favorable à une fusion du Sénat avec… le CESE. Je suis presque sûre que vous l’avez oublié, mais le général de Gaulle lui-même avait soumis cette idée, allant jusqu’au référendum (un “non” qui l’a poussé à démissionner en 1969).

“Le CESE ? A quoi ça sert ?”. En voilà, une excellente question. A donner des avis que personne n’est obligé d’écouter, parce qu’on aime tellement papoter chez nous qu’on estime que nos deux assemblées + toutes les commissions qui y travaillent + toutes les autorités administratives indépendantes et autres conseils que nous créons régulièrement + nos multiples ministères et secrétariats généraux et leurs cabinets ne suffisent pas pour faire le tour des questions que personne ne se pose.

Ces disputes interviennent sur fond de « révélations » concernant le coût des sénateurs (23 500 euros/mois chacun) et plus largement du Sénat (320 millions d’euros / an), de l’Assemblée nationale (530 millions d’euros / an), du CESE (40 millions d’euros / an), et le dévoiement de la réserve parlementaire tant par l’Assemblée nationale que par le Sénat (150 millions d’euros dont l’affectation est bien peu contrôlée).

Comme si cela ne suffisait pas, le député René Dosière révélait fin janvier que les anciens présidents de la République encore en vie (Nicolas Sarkozy, Jacques Chirac et Valery Giscard d’Estaing) coûtent ensemble 6 millions d’euros par an en avantages divers, sans aucune base juridique, plafond ou limitation dans le temps, qu’ils aient ou non encore des activités politiques. Qu’on leur finance deux policiers chacun pour leur protection rapprochée passe encore, à la limite qu’on s’assure qu’ils aient un toit aussi. Mais les voitures de fonction avec chauffeurs et les sept collaborateurs permanents chacun, est-ce bien nécessaire ?

Je fais attention à ce que je dis, je crains de voir émerger un haut conseil pour l’encadrement des avantages des anciens présidents de la République…

Pour en savoir plus sur les dépenses publiques et plus largement sur le budget de l’Etat français, c’est par ici

Au terme de longues négociations, un accord de cessez-le-feu a été conclu avec la Russie concernant l’est de l’Ukraine… mais il est totalement ineffectif à ce jour

Carte Ukraine Capsule 2015

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Je sais, la situation en Ukraine, c’est comme Daech, j’en parle chaque mois dans Capsule – j’attends toutefois qu’il se passe quelque chose d’un peu différent de « c’est toujours la m** » pour en faire une synthèse plutôt qu’une brève (comme en août lors des sanctions occidentales contre la Russie, en octobre lors des dernières élections législatives ukrainiennes ou en décembre lors de la méga-chute du rouble). Presqu’un an que ça dure, avec plus de 5000 morts.

Alors ce mois-ci, j’étais sceptique sur le marathon de négociations mené par la chancelière allemande Angela Merkel et par notre François Hollande national avec l’Ukraine et la Russie pour retenter de débloquer la situation, puis heureuse d’entendre qu’enfin, un nouveau cessez-le-feu était convenu.

Il faut dire que ça partait mal : fin janvier, trente civils étaient tués lorsque le port de Marioupol, qui contrôle l’accès la Crimée (annexée par la Russie en 2014, remember) était bombardé par les russes (en mode “c’est pas moi”, ben voyons), et les combats à Donetsk entre indépendantistes pro-russes et loyalistes ukrainiens reprenaient sérieusement. Les Etats-Unis s’en mêlaient davantage, en annonçant envisager des nouvelles livraisons d’armes à l’Ukraine (et non plus seulement du matériel de défense de type gilets pare-balles), ce que désapprouvent la France et l’Allemagne.  L’OTAN quant à lui souhaitait déployer 5000 soldats dans l’est ukrainien pour soutenir l’armée ukrainienne débordée.

Les sanctions contre la Russie, les négociations et même le cessez-le-feu de septembre 2014 (accords de Minsk) étaient donc clairement des échecs lorsque Hollande et Merkel se décidaient à se rendre en Ukraine puis en Russie le 5 février. Alors que l’Union européenne venait de reporter de nouvelles sanctions contre la Russie, le président russe Vladimir Poutine annonçait le 12 février un accord de paix avec l’Ukraine. A l’origine, il souhaitait notamment une levée des sanctions occidentales contre la Russie, l’autonomie de l’est de l’Ukraine pro-russe et un droit de regard sur les décisions de l’Ukraine, tandis que les occidentaux souhaitaient un cessez-le-feu assorti, cette fois, de véritables garanties qu’il serait respecté (sinon difficile de retenir davantage les Etats-Unis et l’Angleterre de tirer). “L’accord Minsk 2”, si on peut dire (il s’agit d’une simple déclaration signée par les quatre pays), prévoyait un cessez-le-feu à partir du 15 février, la création d’une zone tampon démilitarisée le temps que tout le monde remballe ses armes lourdes, et la création de nouveaux statuts pour les régions séparatistes ukrainiennes.

Ni une ni deux, l’encre des signatures de l’accord n’avait pas eu le temps de sécher que 50 nouveaux chars, des lance-roquettes et des blindés débarquaient en Ukraine. On aurait alors pu imaginer que Poutine se disait que pour les 48 dernières heures où on peut encore tirer, autant tirer, une sorte de final de feu d’artifice, mais pas du tout. Le 16 février, 122 tirs s’abattaient sur la ville de Debaltseve, jonction entre deux territoires séparatistes, contrôlée par les pro-russes dès le 18. Le 19, une nouvelle offensive était lancée près de Marioupol. Et ça continue, encore et encore.

Une nouvelle rencontre entre le président ukrainien, français et russe et la chancelière allemande était prévue le 24 février, aboutissant à un communiqué racontant que “bon, c’est bloqué”. Les Etats-Unis, de leur côté, continuent d’appeler à de nouvelles sanctions.

Ce qui fait VRAIMENT flipper, c’est que par ailleurs, Chine et Russie sont en pleine lune de miel. Malgré la chute du rouble et l’état catastrophique de son économie, la Russie a annoncé le renforcement de son arsenal nucléaire et le renouvellement de 70 à 100% de ses équipements militaires d’ici 2020 (chacun ses priorités). Parallèlement, elle développe des systèmes d’armement communs avec la Chine, en sus des accords de fourniture de gaz dont je vous parlais en octobre.

Est contre Ouest, ça me dit quelque chose, mais quoi ? #LesGuerresQuonAGrandiAvec

Pour en savoir plus sur le conflit ukrainien et la situation politique en Ukraine, c’est par ici 

NSA et GCHQ ont piraté le premier fabricant mondial de cartes SIM, Gemalto, afin d’espionner les communications de ses clients

John Oliver gif

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Sur la base de documents transmis par Edward Snowden, le site The Intercept a révélé mi-février qu’entre 2010 et 2011, les agences de renseignement américaine (NSA) et britannique (GCHQ) ont piraté le premier fabricant mondial de cartes SIM, Gemalto, et dérobé des clés d’encryptage afin d’espionner des communications téléphoniques, SMS et emails des clients de ses clients (parmi lesquels Orange, SFR, Vodafone, etc.). Détenir ces clés permet en effet in fine de reconstituer toutes les communications.

Le centre de l’activité internationale de Gelmato est en France, si vous craigniez de ne pas être au coeur de l’actu. La société fabrique aussi des puces pour des banques (cartes bancaires notamment) et des gouvernements (passeports notamment), si vous n’étiez pas assez inquiets. Malgré tout, dans un communiqué du 23 février, Gelmato ne s’estime pas menacé par un préjudice financier significatif et assure que ses produits sont sûrs (mouais). Elle écoule tout de même deux milliards de cartes SIM par an, pour vous donner un ordre de grandeur.

Le Conseil de l’Europe, pour sa part, remettait fin janvier un rapport dénonçant d’autres pratiques de la NSA, en particulier les programmes de surveillance électronique révélés par Edward Snowden depuis juin 2013 : captation de trafic sur les câbles transatlantiques, détournement de jeux vidéos en ligne, espionnage d’institutions internationales comme le Conseil européen, etc. La liste est hallucinante. Si le nom “Snowden” vous dit vaguement quelque chose, c’est normal, puisque cet ancien analyste de la NSA s’est spécialisé depuis quelques années dans les révélations sur la surveillance généralisée et les renseignements collectés par les services secrets américains et britanniques. Réfugié en Russie depuis juillet 2013, il milite en faveur d’une protection juridique des lanceurs d’alerte, dont il fait partie, et d’une prise de conscience accrue des enjeux de la protection de la vie privée, en particulier en ligne.

Que faire, finalement ? Attendre sagement une réforme américaine favorable au respect de la vie privée (roh, ça va, si on ne peut même plus rigoler).

Si vous y tenez, Edward Snowden recommande aussi de ne pas utiliser de services hostiles à la vie privée, autrement dit des services ne permettant pas de crypter les données. La liste est longue, de DropBox en passant par Facebook, Google, Youtube (Snowden utilise pourtant ces deux derniers pour ses vidéos) ou tout simplement l’envoi de SMS (RedPhone et Silent Circle, par exemple, permettent de crypter les smartphones).

Bref, à défaut d’être ninja, devenez espion.

Pour en savoir plus sur les méthodes de la NSA, c’est par ici 

L’organisation Daech (“Etat islamique”) progresse en Libye où elle profite du chaos, provoquant l’intervention de l’Egypte voisine et les craintes de l’Italie

Carte Libye 2015 capsule actualité
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Je ne vous cache pas que faire une synthèse sur ce sujet c’est coton, mais on s’accroche, tout va bien se passer (je parle de la lecture, pas de la situation libyenne où je me permets quelques réserves).

Revenons donc un peu en arrière : fin 2011, après plusieurs mois de conflit entre le gouvernement et ses opposants, le despote Mouammar Kadhafi était tué par les rebelles et des élections libres étaient organisées en juillet 2012. Mais les nouvelles autorités ne désarmèrent pas les brigades d’anciens insurgés et le pays ne tarda pas à se morceler entre ces différentes brigades et milices.

Je vous passe les détails depuis (attaque du consulat américain, coup d’Etat, nouvelles élections, nouvelles violences), retenez simplement qu’aujourd’hui, la Libye est un Etat désintégré, livré à plusieurs centaines de milices. Ce contexte était idéal pour permettre à l’organisation Daech (ISIS en anglais, aussi appelé “Etat islamique”) de s’implanter – d’autant plus que le pays a de grandes réserves pétrolières, une bien belle source de financement pour les terroristes. Même scénario qu’en Irak et en Syrie, donc. Après avoir pris le contrôle de Derna (sur la côte, à la frontière égyptienne), devenue la première ville directement administrée par Daech, celle-ci et des milices affiliées continuent de tenter de prendre la capitale, Tripoli. Les camps d’entraînement se multiplient aussi dans le désert libyen, bref, c’est pas la fête.

L’Egypte voisine flippe légitimement et s’est par conséquent mise à bombarder des positions de l’organisation islamique, en particulier depuis l’assassinat revendiqué par Daech de 21 Egyptiens coptes (chrétiens égyptiens) le 15 février. C’est la première fois que le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi intervient dans le conflit libyen. Et là, vous vous dites “aaaaah c’est pour ça que la France vend des Rafales à l’Egypte” : oui madame. Après trois mois de négociations, 24 avions Rafale ont en effet été vendus à l’Egypte mi-février, ainsi qu’une frégate et des missiles, pour un montant total de 5 milliards d’euros (500 PME françaises sur le coup tout de même. Ceci dit, on en vend plein : les exportations françaises d’armement ont augmenté de 17,3% en 2014 par rapport à 2013, et avant cela de 30% en 2013 par rapport à 2012).

Coincée entre la Libye à l’ouest et l’insurrection djihadiste du Sinaï (péninsule frontalière avec Israël) à l’est, l’Egypte a de quoi être effrayée d’être la prochaine sur la liste. Si Daech prend le contrôle du canal de Suez, elle contrôlerait 8% du trafic maritime mondial (c’est un des deux raccourcis maritimes les plus importants au monde) et presque la seule source de devises de l’Egypte depuis la fuite des touristes (qui ont légitimement un peu peur des terroristes).

De son côté, l’Italie craint d’être bientôt concernée par les mêmes menaces (la Libye est à 350 km à peine), outre par un afflux massif de réfugiés (dernier naufrage marquant à signaler : celui de Lampedusa, au large de l’Italie, les migrants ayant été contraints par des milices libyennes de prendre la mer). La ministre italienne de la Défense Roberta Pinotti s’est ainsi dite prête à envoyer 5000 soldats en Libye, ce qui est exclu pour le moment par le chef du Gouvernement Matteo Renzi. Des écoutes interceptées par la police italienne mi-février ont permis de découvrir qu’en cas d’intervention occidentale en Libye, Daech était prête à envoyer en Italie des milliers de barques, soit au moins 500 000 migrants (plausible, sur les 700 000 candidats à l’exil estimés)…

Les quinze pays du Conseil de Sécurité de l’ONU se sont toutefois réunis le 18 février, notamment pour discuter d’une intervention de la coalition internationale. L’Egypte demande la levée de l’embargo de 2011, soumettant la moindre importation d’armes en Libye à une commission du Conseil de sécurité, afin que l’armée libyenne puisse combattre Daech sur son territoire. La Russie, entre autres, y est opposée.

Gros suspens en attendant leur décision… ce qui ne les a pas empêchés de condamner unanimement l’attaque d’un hôtel du centre de Tripoli le 28 février (9 morts, dont un Français).

Pour en savoir plus sur la situation en Libye, c’est par ici 

Le 14 février, deux attaques terroristes ont eu lieu à Copenhague, rappelant les attaques parisiennes de début janvier

Carte Danemark Capsule 2015
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Si la situation libyenne et ne vous a pas trop cassé le moral, vous pouvez poursuivre votre lecture (sinon, allez directement aux questions de vaccins un peu plus bas).

En effet, le 14 février soit un peu plus d’un mois après les attaques de Paris, une fusillade a éclaté devant un centre culturel de Copenhague, capitale du Danemark, où se tenait une conférence sur le thème “Art, blasphème et liberté”. Si l’artiste suédois Lars Vilks, auteur d’une caricature de Mahomet en 2007 (ce qui lui avait valu des menaces de mort d’Al-Qaida) était présent, c’est Finn Nørgaard, réalisateur danois, qui a été tué, et trois policiers ont été blessés.

Le soir même, un homme de confession juive était tué devant une synagogue qui était la cible de tirs du même assaillant, Omar El-Hussein. Ce dernier a été tué aux alentours de son domicile le lendemain, alors que la police était venu l’intercepter. El-Hussein avait été signalé par l’administration pénitentiaire en septembre dernier en raison d’un “risque de radicalisation”. Deux hommes ont par ailleurs été inculpés pour complicité.

Si la liberté d’expression et la communauté juive étaient visées, comme lors des attaques parisiennes de début janvier, les fusillades danoises n’ont été revendiquées ni par Al-Qaida, ni par Daech – de quoi permettre à de nouvelles théories du complot de voir le jour, parce que c’est apparemment beaucoup plus marrant que de se contenter de la thèse de l’abruti antisémite.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou (en pleine campagne électorale) a quant à lui rappelé son invitation aux juifs européens à rejoindre Israël, tandis que la chef du gouvernement danois Hell Thorning-Schmidt, la porte-parole de la communauté juive danoise et le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) ont à l’inverse estimé qu’il fallait rester.

Vous voulez un peu d’espoir ? Le week-end de la double attaque à Copenhague, un musulman posait dans une rue de Toronto (Canada), yeux bandés et bras grands ouverts, avec une pancarte indiquant “Je vous fais confiance. Me faites-vous confiance ? Faites-moi un câlin” à ses pieds (la vidéo, montrant les réactions positives des passants, a fait des millions de vues). La semaine suivante, plus de 1000 personnes formaient une chaîne humaine autour de la synagogue d’Oslo, à l’initiative de jeunes musulmans norvégiens, en signe de solidarité avec la communauté juive de Norvège.

Vous pouvez considérer que c’est de la sensiblerie / de l’angélisme / du bisounoursisme, que ça ne règle pas le problème, toussa toussa.

Il reste que non, nous n’avons pas encore tous pété les plombs.

Pour en savoir plus sur la double attaque de Copenhague, c’est par ici 

Pourtant éradiquée en 2000 grâce aux vaccins, la rougeole est de retour aux Etats-Unis, ravivant le débat sur le refus de plus en plus répandu de la vaccination

Carte des Etats-Unis rougeole février 2015 Capsule
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Il y a quelques jours, j’avais un débat intéressant avec un ami sur les dépenses publiques. Lui milite en faveur de la gratuité des transports, moi non. Je lui faisais remarquer très cyniquement que dans le fond, on peut tous se moquer de la capacité de tout le monde à pouvoir se déplacer. En revanche, nous avons tous profondément intérêt à ce que tout le monde soit un minimum éduqué car il est insupportable de vivre entouré de cons, et à ce que tout le monde puisse être soigné car ce sont autant de personnes qui risquent moins de nous transmettre leurs maladies.

Le retour de la rougeole aux Etats-Unis, soit une des maladies les plus contagieuses de la planète, me semble bien illustrer cette question. Alors qu’elle y était considérée éradiquée depuis 2000, plus de 100 cas y ont été recensés depuis début janvier (et 644 pour l’année 2014), amenant le président Barack Obama à rappeler la nécessité de la vaccination.

Les parents récalcitrants à la vaccination de leurs enfants oublient en effet facilement qu’ils mettent aussi en danger la santé des enfants des autres. Et si c’est un consensus scientifique, ce n’est pas tout à fait un consensus politique, de sorte que républicains et démocrates y voient une opportunité bien basse de se différencier. Bien basse et inutile puisque les anti-vaccins n’y sont pas si nombreux… ce qui visiblement ne les empêche pas de faire de gros dégâts.

Que craignent donc les anti-vaccins ? En vrac, vous retrouvez tous les arguments d’une bonne théorie du complot : vacciner son enfant doit être un choix individuel afin de résister aux lobbys pharmaceutiques, à la potentielle toxicité des vaccins et à la propagande des médias. Les recherches ont eu beau démontrer l’absence de lien entre les vaccins Rougeole-Oreillons-Rubéole et l’autisme, que craignent beaucoup d’Américains, rien n’y fait.

Tout cela se passe aux Etats-Unis, vous dites-vous sans doute.. Pourtant, en France, les vaccinations pédiatriques sont en diminution et certains parents déploient des trésors d’imagination pour produire de faux certificats de vaccins obligatoires, permettant ainsi à leurs enfants d’être scolarisés malgré l’absence de vaccination. Une question prioritaire de constitutionnalité a même été transmise au Conseil constitutionnel, en lien avec le refus de parents de vacciner leurs enfants contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). La réponse est attendue dans trois mois.  Le débat est également de retour en Allemagne, suite à la mort d’un bébé contaminé fin février.

Et sinon, vous, vous êtes à jour ?

Pour en savoir plus sur les débats sur la vaccination, c’est par ici 

Le Royaume-Uni a autorisé la fécondation in vitro avec 3 ADN différents – un bébé, trois parents

Modern family enfant roi gif

LIRE LA SYNTHESE

 

Si vous êtes anti-vaccins, je parie que vous êtes anti-OGM, et ce qui suit ne devrait pas tellement vous plaire puisque je vais parler de bébés OGM. Parfaitement. Bouuuh Aurel c’est moche de faire du racolage avec une formule journalistique à deux balles.

Vraiment ? Et si je vous disais qu’au Royaume-Uni, un bébé peut désormais avoir deux mamans et un papa biologiques, soit trois ADN (car je ne parle même pas de la possibilité d’une quatrième « maman » qui serait elle, mère porteuse, soyons fous tant qu’on y est) ?

Oui, le Royaume-Uni vient d’autoriser la fécondation in vitro (FIV) à trois parents parce que plus on est de fous plus on rit. Blague à part, certaines bactéries présentes dans un ovule, les mitochondries, provoquent lorsqu’elles sont déficientes tout un tas de maladies non curables (surdité, myopathie, maladies neurodégénératives, etc.). L’idée est donc de remplacer ces vilaines choses dans l’ovule de la mère par des mitochondries saines, provenant d’une autre mère. Comme l’ADN mitochondrial représente moins d’1% de l’ADN total du corps humain, cette technique permet de conserver une grande partie de l’ADN de la mère « finale » (si vous avez un autre adjectif, je prends) plutôt que de lui imposer de faire purement et simplement (sic) appel à un don d’ovocytes classique.

WOW.

Je répète. WOW.

Si vous n’étiez déjà pas particulièrement fans de la procréation médicalement assistée avec donneurs (qu’il s’agisse de don de sperme ou de don d’ovocyte), vous devez vous demander ce qui est passé par la tête des parlementaires qui ont autorisé la manip’, ce quel que soit le pourcentage d’ADN de chacun des parents. D’autres ont bien laissé passer la brebis Dolly, après tout.

Oui, bien sûr, la méthode est encore loin d’être grand public ; bien sûr, il va y avoir encore de sérieuses questions éthiques à régler avant cela ; bien sûr, on ne souhaite à aucun nouveau-né les maladies provenant de mitochondries qu’on savait déficientes ; bien sûr, au point où on en est, pourquoi pas permettre d’obtenir des cellules d’ovocytes et de sperme à partir des cellules de peau de deux adultes du même sexe (WOW,  ils y bossent à l’université de Cambridge) ; bien sûr, je suis peut-être simplement une espèce de réac’. Il reste que franchement, l’adoption, c’est pas mal, aussi.

Bienvenue à Gatacca.

Pour en savoir plus sur la procréation médicalement assistée, c’est par ici 

C’est arrivé aussi en février, mais …

… en bref

  • CIEL ARTIFICIEL – C’est tellement génial qu’avant d’attaquer les autres pourris, je préfère commencer par ça : bientôt, vous pourrez avoir un soleil à la maison. Pas un vrai, mais une lumière artificielle très proche de la luminosité naturelle. C’est révolutionnaire, c’est  bluffant et c’est à voir ici.

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  • ARBITRAGE TAPIE – Dans la série “scandales politico-financiers”, on ne se lasse apparemment pas de l’affaire Adidas-Tapie. Benard Tapie s’était vu accorder 403 millions d’euros en 2008 dans le cadre d’un litige qui l’opposait au Crédit Lyonnais, concernant la revente d’Adidas. Or tant le bien-fondé de la décision des arbitres que le montant alloué ont été contestés devant la cour d’appel de Paris. L’arbitrage vient d’être invalidé et l’affaire sera reexaminée en septembre prochain. J’en connais un qui doit être ravi.
  • UBER vs GOOGLE CAR – Uber vient de lever un milliard de dollars supplémentaires (yala),  mais doit a priori se préparer à une contre-offensive de Google, qui prépare un service concurrent avec des voitures sans chauffeur. Pas de chauffeur, pas d’ennui sociaux, sont malins chez Google. Sauf qu’ils sont encore actionnaires d’Uber et que dans l’immédiat, cela ferait un peu tâche.

… Capsule en a déjà parlé

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  • PRESSE – La ministre de la Culture et de la Communication Fleur Pellerin l’avait annoncé en octobre  et le parcours législatif se poursuit. La loi de modernisation du secteur de la presse a été adoptée à l’unanimité par le Sénat ce mois-ci (dossier sur le site du Sénat ici) et le texte final ne devrait pas tarder à récolter l’aval de l’Assemblée nationale. Pour la minute comm’, un amendement baptisé “amendement charb” est passé, permettant une réduction d’impôt pour les particuliers souscrivant au capital d’une entreprise de presse afin d’accroître l’indépendance de la presse.  C’était dans les tuyaux depuis un moment mais chut, il ne faut pas le dire. Une réformette tout au plus. 

… il vaut peut-être mieux en parler ultérieurement

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  • VENEZUELA – Le maire de Caracas, Antonio Ledzema, a été placé en détention provisoire le 20 février  et est accusé par le président du Venezuela Nicolás Maduro d’être impliqué dans un complot américain visant à renverser le gouvernement vénézuélien. Selon le directeur de l’ONG Human Right Watch, il s’agirait plutôt d’un cas d’arrestation arbitraire d’un opposant, alors que le Venezuela connait une importante crise économique (renforcée par la chute du cours du baril de pétrole) et se fait déjà remarquer pour son irrespect des droits de l’homme (répression de manifestations, torture, etc.).
  • IRAN – Je vous rappelle que France, Etats-Unis, Chine, Allemagne, Angleterre et Russie (la belle équipe) doivent parvenir à un accord sur le nucléaire iranien avant le 31 mars : l’Iran est ainsi sous sanctions internationales depuis 2006, le temps de démontrer que ses activités nucléaires sont civiles et pacifiques, non militaires et nettement moins pacifiques. En attendant, si vous voulez vraiment vous marrer, regardez cette brillante vidéo de John Oliver sur les armes nucléaires aux Etats-Unis.

  • REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL – Comme toutes ces mauvaises nouvelles ne donnent pas franchement envie de bosser, je serais tentée de rejoindre le tout nouveau secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, favorable à une nouvelle réduction du temps de travail, et pourquoi pas une semaine de 32 h.  Pourquoi les prévisions de Keynes sur le sujet ne se sont pas réalisées, c’est par ici.

… et outre le buzz, on s’en fout

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  • MONTEBOURG – Tant qu’on est dans l’équipe de vainqueurs, l’ancien ministre Arnaud Montebourg a immatriculé sa société, « Les équipes du made in France ». C’est une SASU, ce qui signifie qu’il est tout seul pour ce magnifique objet social, « la construction et l’élaboration de projets Made in France » (ce qui, vous me l’accorderez, veut tout et rien dire).
  • LEGISLATIVE DANS LE DOUBS – A moins de vivre dans le Doubs, a priori, tout le monde se foutait de savoir qui y remportait l’élection législative partielle en vue de remplacer Pierre Moscovici, parti jouer au commissaire européen. Tous ? Non. Un petit village d’irréductibles politiciens ont adoré le feuilleton “FN versus PS dites oui dites non mais dites quelque chose”   puis “qui a dit quoi”,  puis “qui aurait du dire quoi”, le temps sur la feinte surprise  “oulala percée du FN” (présent dans la grille de bingo de tout débrief d’élections depuis… je ne sais même plus tellement ça remonte), puis tout est retombé comme un soufflet quand le PS a gagné.
  • ENFOIRES – Les Enfoirés sont sorti un nouveau titre, « Toute la vie », c’est une abomination écrite par Jean-Jacques Goldman opposant vieux cons (y compris M.Pokora, 29 ans) à jeunes chômeurs (si j’ai bien suivi), à voir ici ou ici si vous y tenez.

 

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One Response

  1. Top top, j’adore l’intro, j’ai hâte de le lire!

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