#3 Capsule? Histoire du choix de notre nom

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Choix du nom Capsule
Capture d’écran de l’immense Google Doc consacré à la recherche de notre nom

 

Je pourrais prétendre avoir passé des heures à réfléchir à un premier nom pour ce projet, en couchant sur le papier la vision que j’en avais, les valeurs et principes qui le gouverneraient, en répertoriant des mots-clés et expressions qui seraient liées à ces idées… en bref, tout ce qu’on conseille habituellement pour trouver un nom.

Mon souci a été qu’un premier nom s’est imposé dès le lendemain du tilt.

Ce sera « Cure »

Ce nom s’imposait! Simple, facile à retenir, pour un magazine qui entendait proposer de se guérir de la sur-information, d’en faire une cure en offrant une sélection pertinente, et un clin d’oeil à la curation de contenus que je pratique souvent en ligne… c’était tout simplement parfait.

Ravie de ma trouvaille, je commençais à présenter le projet sous ce nom autour de moi.

Patatra.

Ma soeur et mon frère, peu connectés, m’ont signalé que ce nom l’était trop, que trop peu le comprendraient. A l’inverse, mes contacts très « connectés » au mieux lâchaient un pas mal ou un mouais, au pire me signalaient que ce nom évoquait davantage la lutte contre le cancer.

Effectivement, visant le marché francophone, j’avais passé outre l’existence de Cure magazine, consacré … aux enjeux de la lutte contre le cancer.

Pas assez parlant. Next.

Retour à la case départ

Les heures de recherches commençaient par les déclinaisons, avec l’aide de Pierre-Emmanuel (depuis peu à peu intronisé responsable de la comm’): « Cure de news », « In Real Life Cure », « Curazine », « Curentiel », « Re-Cure », « Recure », « Curator », « Time Cure »… pas terrible? Nous nous sommes dit  la même chose.

Retour à la case départ (bis).

Que cherche-t-on à faire? Ne peut-on pas en faire un acronyme? 

La série d’idées qui suit est amusante, partant du principe que nous voulons expliquer l’actualité à ceux qui ne la suivent plus faute de prise en compte de leurs légitimes questions, en d’autres termes faute de contextualisation: « De Quoi On Parle » (DQOP), « J’ai rien compris » (JARICO, JRC), « Another Point Of View » (APOV), « Another Point Of News » (APON), « I See Your Point (ISYP), « Slow Durable Curation » (SLC), « We Are No Twitter » (WANT), « This Is Not Twitter » (TINT)…

Parallèlement, quelques mots clés sortent du lot, et j’ai quelques nouveaux coups de coeur: « Off Line », « Brief » et « Au Fait ». Le premier a le même défaut que Cure (parlant pour « les gens du web », peu pour tous les autres: on ne se refait pas…), le deuxième est indisponible (Brief magazine est consacré à la communication publique), et le troisième me permet de découvrir un autre concept de « slow journalism » que je contacte aussitôt, Au Fait, « le magazine qui ralentit l’actualité ».

« Vous ne préférez pas trouver un nom en français plutôt? Vous pouvez être tendance sans être en anglais! »

Très légitime remarque de ma soeur…  Je repense tout de suite à « l’Essentiel », résumant bien le concept (accessoirement clin d’oeil à un karaoké où nous allions au cours des vacances durant lesquelles ça a fait tilt).

Souci, l’Essentiel est le nom d’un concept similaire au nôtre, lancé en 2011. Je souris en lisant une partie de leur déclaration d’intention. « Ni neutre ni exhaustif ». Oui, c’est bien ce que nous voulons faire.

Toute idée paraissant un peu pertinente, en réalité, semble déjà prise. « Nota Bene », « Topo », « Retours », « Recap », « Et Alors « , « Notice », « Longue vue »… se trouvent ainsi tous éliminés, les uns après les autres, quelques minutes après avoir été dénichés.

Et si on s’appelait tout simplement « Papier » ou « Le Papier »? 

Je suis enchantée de cette idée. Je trouve ce nom original, fort, cohérent. Je crains seulement qu’il ne soit pas assez distinctif, pour un journal ou un magazine, aux yeux de l’INPI (l’Institut National de la Propriété Intellectuelle, organisme auprès duquel sont notamment déposées les marques). Flûte. Eliminé.

On rature, on annote, on ajoute, on laisse mijoter.

Nouvelle illumination:

On fait le point sur une période donnée. Tu penses quoi de « Period. »? 

Pierre-Emmanuel relève les yeux, un quart de seconde, « ouuuuuiiiii! », il est aussi enthousiaste que moi.

Un nouveau quart de seconde… period, c’est bien le signe de ponctuation « point », en anglais. Mais cela signifie aussi et surtout « menstruations ». Délicat.

Eliminer l’anglais, éviter la confusion avec la lutte contre le cancer ou les règles, être aussi accessible que possible…

Retour à l’objectif: nous voulons trouver une solution à notre problème, le survol de l’info, en faire un objet durable, un peu précieux, décalé.

Elixir? Antidote? Grimoire? On peut même jouer avec l’adresse du futur site non? @ntidot? Anti@?

J’aime cette piste, mais aucun de ces trois-là ne semble adapté: deux évoquent des actualités médicales ou scientifiques, le troisième un livre de magie ou de contes pour enfants.

Une nouvelle nuit s’écoule.

Je relis les notes de Pierre-Emmanuel: « De l’info choisie, pérenne, traitée d’après un point de vue assumé. Un journal papier ET digital, conçu comme un bel objet, comme une capsule temporelle : pour représenter son époque, pour durer. »

Capsule! Comment a-t-on pu ne pas y penser? 

Une évidence.

Je déposais les noms de domaine fin mars (un sketch: capsulejournal.com? capsule-journal.com? etc.) et le nom auprès de l’INPI le 5 avril. Nous voilà!

Nous voilà…?

Presque.

Les joies du choix de logo, ce sera pour un prochain billet!

Aurel

Pour les plus curieux, voici les autres pistes que nous avions dans les tiroirs (les mots surlignés renvoient à des commentaires en marge, difficiles à reproduire ici): 

 

 

 

 

 

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Fondatrice de Capsule, curieuse, stakhanoviste, entreprenante et enthousiaste

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