#17 Je n’aime pas Twitter

Classé dans : Le Journal d'un canard | 1

– Comme tout le monde, je n’aime pas Twitter. – Oui, mais on ne fait pas que-ce-qu’on-veut dans la vie #QuiALeDroit

(<= notez que je fais un effort et que ce mini dialogue fait tout de même moins de 140 caractères hashtag compris)

Je l’ai déjà dit, j’ai 5 comptes Twitter (mon perso, celui de mon blog, ceux de mes anciennes boîtes), 6 depuis que j’ai créé celui de Capsule (dont je ne sais même pas encore ce que nous allons faire, on y réfléchit avec P-E), et j’ai beau parfaitement savoir à quoi cela est sensé servir et comment on doit l’utiliser, il n’y a rien à faire: à moins d’y être obligé par son boulot ou vouloir suivre en direct les commentaires d’inconnus sur son émission préférée et se sentir un peu moins seul, je ne comprends pas ce que qui que ce soit peut y trouver de chouette. 

A moins que Twitter ne serve précisément qu’au boulot de certains et aux commentaires live des autres sur un évènement donné. #OhWait. 

Reprenons depuis le début, à savoir la promesse de Twitter à l’inscription: Capture d’écran 2014-05-03 à 13.17.50

Suivre l’actualité sur les évènements internationaux et recevoir des mises à jour locales ? Trouver des sources d’inspiration ?

Comment peut-on trouver un quelconque plaisir à faire défiler des milliers de micro-contenus en 140 caractères en tentant vaguement d’en extraire la substantifique moelle ? Sérieusement, qui suit l’actualité et les infos locales sur Twitter, hormis des personnes qui sont payées (ou peuvent l’être) pour le faire – à savoir des journalistes et des community managers ?

Quid des « sources d’inspiration »? A part une diarrhée verbale, Twitter ne m’inspire pas grand chose.

Je me demande s’il ne faut pas être nécessairement masochiste pour s’y plonger sans y être obligé, mais passons, pourquoi pas, Twitter n’est pas en train de mourir nous dit-on, et pour cause, l’analyse de ce truc doit se fonder sur d’autres critères que celle de Facebook en partant du principe que Twitter n’est pas un réseau social mais une plateforme média.

Quand bien même, se tenir au courant de quoi que ce soit sur Twitter nécessite des allers-retours incessants entre les fameux 140 caractères et les liens proposés par ceux qui les postent, lectures en diagonales, instantané, publication considérée périmée au bout de 10 minutes…  une course de vitesse au remplissage, éloge de l’infobésité et du survol de l’info, la nature a horreur du vide.  Magnifique.

En gros, à l’origine, un mec s’est donc dit « oulala, on va pas tarder à finir par un peu trop pouvoir s’y retrouver dans l’immensité des contenus sur Internet, je suis sûr qu’il y a plein de gens qui vont adorer re-poster tous ces contenus en y ajoutant leur mini-commentaire, histoire de bien foutre le bordel – allez on parie qu’il y en a même qui se contenteront de balancer leur mini-commentaire, juste comme ça, pour rigoler« .

Mais pourquoi pas, pourquoi pas dans le fond, en complétant tout cela de quelques outils pour ne pas trop se noyer, loin de moi l’idée de critiquer les méthodes de travail de qui que ce soit (il y en aurait beaucoup trop à dire sur les miennes).

Participer à des conversations passionnantes ?

C’est en réalité sur ce point que se révèle, tant le principal (seul?) intérêt de Twitter à mes yeux, que la raison pour laquelle je ne l’aime pas (et qui justifie le billet de ce jour, pour ceux qui suivent).

Exemple-type ces derniers jours: en bon petit soldat, je diffuse mon dossier sur la vente au numéro, de l’éditeur au kiosque. Jusque-là, tout va bien.

Le sujet est sensible, je m’attends à quelques commentaires salés, je suis prête à encaisser, débattre, me remettre en question si j’ai dit une bêtise… en bref, j’assume.

Et c’est parti: un premier tweet, « dossier intéressant, mais les marchands de journaux n’ont pas à être des showrooms pour les éditeurs en mal d’abonnés! ».

Euh… ok, je relis mon billet, je vois que ne figure nulle part une quelconque affirmation de ce type, constate qu’à l’inverse, je partage assez largement le sentiment de ras-le-bol que peuvent ressentir lesdits marchands, en bout de chaîne, à balancer des tonnes de titres invendus pour destruction et à s’intégrer à un circuit qui ne les favorise pas tellement, et je m’étonne également que les éditeurs équilibrent si peu leur communication entre le « nous sommes en kiosque » et le « vous pouvez nous recevoir chez vous, abonnez-vous » (permettant moins d’invendus, CQFD).

En bref, cher inconnu, soit tu as lu en diagonale (rien de surprenant si tu me réponds sur Twitter), soit tu as juste voulu dire quelque chose pour montrer un chouilla que tu avais repéré l’existence du billet.

Quoi qu’il en soit, bonne volonté la suite, je réponds:

Capture d’écran Twitter, 29 avril 2014
Capture d’écran Twitter, 29 avril 2014

Oups, j’ai mis trop de temps pour te répondre (à peu près une minute, soit un siècle sous ces latitudes), et te revoilà: « les éditeurs via Presstalis ont dégagés des sommes qu’ils auraient dû investir dans le réseau au lieu de demander des aides » (fin de citation, fautes de grammaire incluses). 

Je cherche le rapport avec le sujet, n’en trouve pas, ai déjà rédigé un dossier (qui n’est pas encore en ligne) sur les aides à la presse et ne vois toujours pas le rapport, mais je suis de bonne humeur, restons courtois:

Capture d’écran Twitter, 29 avril 2014
Capture d’écran Twitter, 29 avril 2014

Oh et puis zut, quatrième tweet de ta part, aucun ne suit le précédent en termes de propos: si tu as tellement de choses à dire, viens me pondre 20 lignes sous le billet, on gagnera du temps.

D’ailleurs, je t’y invite, tu n’as pas l’air méchant:

Capture d’écran Twitter, 30 avril 2014
Capture d’écran Twitter, 30 avril 2014

Et j’attends toujours ledit commentaire – sans perdre espoir #NoirCestNoirOuPas. 

Cet échange résume parfaitement ce que je déteste sur Twitter: le fait qu’on s’y sent obligé d’intervenir pour signaler son existence sa présence, rarement pour aller plus loin, et je cherche encore la « conversation passionnante » (annonce: si quelqu’un en a déjà eu une par tweets, je suis preneuse de retours d’expérience – en plus de 140 caractères).

Mais ce n’est pas fini ! Même journée, même billet, encore mieux:

Capture d'écran Twitter, 29 avril 2014
Capture d’écran Twitter, 29 avril 2014

Sans trop de surprise, pas de réponse à ce dernier tweet de ma part. 

Mais pourquoi? Monsieur, pourquoi intervenir publiquement, en sous-entendant des inexactitudes et mises à jour nécessaires sans précision, puis inviter à un contact privé pour plus de détails, sans davantage de justification, au lieu de permettre à d’autres de mieux cerner ce sujet complexe par la même démarche d’intervention publique ?

Pourquoi vous appellerais-je, moi qui ne sait même pas qui vous êtes ? Qu’est-ce que cela apporterait à qui que ce soit ? Soit vous considérez que vous détenez un ensemble d’informations dont je ne dispose pas, et ces informations intéresseraient les lecteurs de ce billet, merci de leur faire partager en venant apporter vos lumières par ici; soit vous n’avez rien de particulier à dire, et dans ce cas-là, pourquoi ne pas préférer le silence?

Je suis plus qu’ouverte aux commentaires, critiques, dites-moi, dites-nous quand vous estimez que nous disons une connerie. Les commentaires sont ouverts partout sur ce blog, nous sommes sur Twitter (désormais) et Facebook, avons une adresse email et tout ce que vous voulez. Criez, insultez-nous, faites ce que vous voulez.

Mais parlons-en. Parlons-en vraiment. Quand je lis ce genre de tweets, j’ai l’impression d’assister à une gigantesque manif « Pas contents pas contents » à la Mission Cléopâtre (bon ok, du coup ça me fait rire, mais c’est pas le débat).

Et puis, de temps en temps

De temps en temps, un évènement auquel j’assiste, un écran diffuse les tweets de la salle en temps réel. Lapsus soulignés, questions transmises aux intervenants sans fastidieux passages de micros, blagues un peu lourdes qui ne feront rire personne en-dehors de cette pièce mais qui vous déclenchent vingt bonnes minutes de fous rires.

De temps en temps, le petit plaisir de rêver qu’on peut accéder simplement à des personnes qu’on estime, en 140 caractères, et s’imaginer qu’elles répondront.

Qui sait? :)

Capture d'écran Twitter - 4 mai 2014
Capture d’écran Twitter – 4 mai 2014

 

Bonus: image de couverture extraite de « 10 slogans honnêtes d’application social media » par Buzzfeed, traduit par le Publigeekaire:

"Une célébrité pourrait vous parler. Mais elle ne le fera probablement pas"
Twitter: « Une célébrité pourrait vous parler. Mais elle ne le fera probablement pas »
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Fondatrice de Capsule, curieuse, stakhanoviste, entreprenante et enthousiaste

One Response

  1. Olga Andersen

    Ok avec vous.Mamy de 65 ans twitter me fait rire,par ex.quand je lis les commentaires et les raccourcis genre ptdr,que j’apprends, sur l’émission Les Rois du Shopping…mdr…A part cela,je dois en être à mon 10ème cpte car je vire et remets,comme là,pour envoyer mes condoléances à la famille Cornara,sans savoir même si le but sera atteint…Sinon,j’écoute France Info.

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