#2 Mille et une questions

Classé dans : Le Journal d'un canard | 0
Photo madebyvadim
Crédit: Vadim Sherbakov – Unsplash

Qu’on vienne ou non du milieu de la presse écrite, monter un canard est sacré défi. La tâche est immense, on ne la sous-estimait pas, mais tout de même…

Ce n’est pas ma première entreprise. J’ai ainsi le (petit) avantage de connaître certaines erreurs à ne pas reproduire. J’en ai même fait un blog destiné aux TPE et PME, En 20 lignes.

Pour Capsule, le jeune entrepreneur que je suis a commencé presque naturellement par réfléchir au modèle économique: quels seront les coûts, les recettes, la cible, le positionnement, le prix, les canaux d’acquisition, le mode de distribution… surtout et enfin, quel sera le produit? Notamment et en particulier, papier avec ou sans version en ligne?

Sur ce point, comme je l’expliquais précédemment, je ne comprends pas la course à l’actu à notre époque.

Je ne comprends pas la manière dont les média traditionnels, en tous cas les média « historiques », appréhendent la complémentarité papier / web.

Comment imaginer une seconde qu’un support papier puisse encore livrer un scoop à une époque où nous sommes (presque) tous reliés 24/24h aux réseaux sociaux, au moins potentiellement? Pourquoi dans ce cas proposer les mêmes contenus en ligne et hors ligne? Pourquoi, pire encore, proposer des contenus payants en ligne alors qu’il faut aujourd’hui payer pour rendre ses contenus web visibles?

Faites un choix, faites un vrai choix!  

Le scoop sera sur Twitter bien avant que vous envisagiez ne serait-ce que de lancer la rédaction d’un article sur le sujet.

L’article aura été lu et relayé en ligne avant votre heure de bouclage.

Et oui, je suis désolée de vous apprendre, si vous l’apprenez, que le web regorge aujourd’hui de contenus d’une très grande qualité, qu’il en regorge tellement que le SEO (référencement naturel pour ceux qui l’ignoreraient) ne suffit absolument pas à devenir visible: pour être lu sur le web, il faut payer; s’il faut payer pour être lu en ligne, qui serait prêt à payer pour pouvoir lire sur ce support virtuel?

Proposez autre chose sur papier. Faites une véritable distinction.

Faut-il pour autant être absent du web? Je ne pense pas. C’est la raison d’être de ce Journal d’un canard, ce sera également celle du futur laboratoire, et nous nous creusons actuellement les méninges pour offrir une jolie complémentarité en ligne à notre support hors ligne.

Trop d’info tue l’info. La vocation de Capsule est précisément de débrancher pour prendre le temps de comprendre: en offrir une version web n’aurait tout simplement pas de sens.

La question de la forme du produit a ainsi été rapidement résolue nous concernant. Notre choix est celui du papier, du papier, rien que du papier, en tous cas pour ce qui relève du produit « payant ».

Je reviendrai bientôt sur celle du choix du nom et du logo… encore en cours à ce jour, s’agissant de ce dernier :)

Imaginez que vous ayez à créer le journal dont vous rêvez au lieu de vous plaindre de ceux qui existent.

Le défi est… waouh. Il reste tant de questions auxquelles il nous faut encore répondre:

  • Comment distribuer le magazine? Abonnements? Kiosques? Librairies? Combien chacune de ces options coûte-t-elle? Très concrètement, comment un magazine passe-t-il de celui qui l’édite, qui le crée, à un imprimeur, puis à une boîte aux lettres, un kiosque, une librairie?
  • Lancer un magazine, combien ça coûte? Comment rémunère-t-on les auteurs des articles, les graphistes, les photographes? Combien coûte une maquette (et d’ailleurs, qu’est-ce qu’une maquette?)? Combien coûte l’impression de X exemplaires (et d’ailleurs, combien d’exemplaires doit-on prévoir pour le premier numéro)?
  • Sujet lié aux deux précédents, comment faire connaître Capsule?
  • Existe-t-il des aides à la presse mensuelle? Quelles en sont les modalités, à qui faut-il s’adresser? Doit-on obtenir des autorisations de diffusion ou non, si oui lesquelles?
  • Quels seront plus largement les sources de revenus de Capsule? Comment le marché de la publicité dans la presse écrite fonctionne-t-il, pour quelles recettes, quelles attentes de la part des annonceurs, quelle tolérance de la part des lecteurs, quelle indépendance préservée de la rédaction? Quels investisseurs seraient intéressés, à une époque comme la nôtre, pour miser sur un nouveau venu dans la presse écrite?
  • Surtout, le sujet qui m’intéresse le plus en ce moment: quelles seront les rubriques de Capsule? Combien de pages consacrer à chacune d’entre elles? Comment illustrer ces rubriques (photos, dessins, infographies…)? Correspondront-elles à ce que j’attends et à ce que d’autres, j’espère, attendent d’un tel mensuel? Combien coûtera chacune d’entre elle à produire? Qui rédigera les articles, prendra les photos, dessinera les illustrations, à quels coûts et dans quels délais, chaque mois, pour attendre le niveau de qualité que nous avons en tête?

… et tant d’autres. J’ai besoin d’un calendrier pour travailler dans de bonnes conditions (maniaque du rétroplanning bonjour), et ai par conséquent même fixé une hypothétique date de premier numéro. Nous la tiendrons, ou pas. Nous essayerons, c’est déjà pas mal.

La bonne nouvelle, c’est que le chantier avance et que nous avons des débuts de réponses pour certaines de ces questions, notamment en étudiant la manière dont procèdent certains magazines lancés récemment.

Nous avons quelques mois pour trouver ces réponses et les exécuter: n’hésitez pas à nous faire part de vos suggestions!

The following two tabs change content below.
Fondatrice de Capsule, curieuse, stakhanoviste, entreprenante et enthousiaste

Laissez un commentaire