Mai 2015 – Parce que vous faisiez le pont

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Mais si, vous avez bien lu : ce mois-ci, vous ne faisiez pas le point, vous faisiez le pont. Oui, tout le mois de mai. Ou presque.

Dans ces conditions, comment vous en vouloir si vous n’avez rien compris à la réforme du collège ou aux histoires de quotas d’immigration, si vous n’avez pas la moindre idée de ce qui se trame au Burundi, en Macédoine ou au Qatar, et si vous ne savez pas où en sont les bavures policières et la NSA aux Etats-Unis, la Grèce et ses négociations avec ses créanciers ou encore l’Espagne depuis ses dernières élections ?

Tout au plus, vous avez vaguement entendu parler de séismes au Népal parce que vous pouviez difficilement à côté.

Détente, le mois de juin arrive (et sans pont), ainsi que Capsule pour vous remettre les idées au clair.

Bonne lecture !

Vous avez décroché ? Vous avez survolé ? Tout va bien ! Le récapitulatif de l’actu du mois en 10 synthèses et quelques brèves, c’est Capsule et c’est parti :

Si vous avez survolé l’info au mois de mai 2015 …

#COLLEGE La réforme de l’organisation des enseignements au collège a été adoptée

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Que s’est-il passé ?

Comme je l’évoquais dans les brèves du numéro de mars, la ministre de l’Éducation Najat Vallaud-Belkacem a souhaité réagir à la mauvaise note de la France dans le classement du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), l’OCDE ayant souligné en 2012 les écarts importants entre élèves issus de milieux sociaux favorisés et élèves les plus défavorisés.

Suite à des expérimentations dans certains établissements, un projet de réforme du collège a ainsi été déposé début mars 2015 puis adopté le 10 avril par le Conseil supérieur de l’éducation ; publiés au journal officiel le 20 mai après une journée de mobilisation des enseignants, le décret et l’arrêté entreront en vigueur dès la rentrée 2016.

Que prévoit cette réforme ?

Deux aspects sont à distinguer : il y a d’une part la forme, la réforme de l’organisation des enseignements au collège, censée lutter contre les inégalités sociales, et d’autre part le fond, à savoir la réforme des programmes (du CP à la 3ème) qui ne sera pas adoptée avant le mois de juin.

La réforme qui vient d’être adoptée est celle de l’organisation. Ses mesures phares sont ainsi :

  • l’instauration d’enseignements transversaux (dits aussi complémentaires) pour favoriser le travail en groupe et l’apprentissage pluridisciplinaire, sous la forme de temps d’accompagnement personnalisé ou d’enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI). Ces modules correspondront à 20% du temps d’enseignement sur des thèmes tels que “langues et cultures de l’antiquité” (coucou le latin), “développement durable” (mix entre physique, SVT et technologie) ou encore “sciences et société” (mix entre mathématiques, physique et histoire).
  • la suppression des classes bilangues et européennes (2 langues vivantes dès la 6ème) : une deuxième langue vivante sera choisie dès la 5ème (au lieu de la 4ème aujourd’hui), autrement dit ce sera plutôt la “classe bilangue pour tous dès la 5ème” (vous avez dit beaucoup de bruit pour rien ?)

Oui, tout ça pour ça.

La seconde réforme en cours, la refonte des programmes, fait davantage débat, notamment avec le programme d’histoire “à la carte” : les enseignants auront un tronc commun obligatoire et le choix parmi des sujets facultatifs pour organiser leur programme. Le tollé est venu du fait que l’histoire de l’islam serait imposée en cinquième tandis que le christianisme au Moyen-Age serait facultatif. Blablabla.

Qu’en pensent ses adversaires ?

Depuis la création du collège unique en 1975, chaque tentative de réforme fait beaucoup de bruit.

Les syndicats et politiques qui s’opposaient à celle-ci l’accusaient avant tout de ne pas remplir son objectif, la réduction des inégalités, en s’attaquant notamment au latin (qui n’existerait plus en tant qu’enseignement optionnel mais sera saupoudré dans les modules EPI) ou à l’allemand (avec la suppression des classes bilangues et européennes en 6ème, qui avaient été précisément créées pour redynamiser l’apprentissage de l’allemand).

Ils dénonçaient aussi l’autonomie accrue des établissements, puisque chaque collège fixera librement 20% de son emploi du temps en fonction des besoins des élèves. Oui, pour réduire les inégalités, c’est paradoxal.

Entre temps, les options de latin et grec ont été maintenues même si leur volume d’enseignement a baissé et le Gouvernement a déclaré que sa réforme n’était pas du tout incompatible avec l’allemand.

Quant à savoir s’il s’agit véritablement d’une réforme (“changement de caractère profond, radical, apporté à quelque chose”) et si elle permettra d’accentuer ou de diminuer les inégalités… comment vous dire.

Le débat est clos avec la publication du décret et de l’arrêté sur l’organisation, mais il reste quelques jours avant la fin de la consultation sur les programmes (je vous épargne le suspens : personne ne sera d’accord).

Si vous souhaitez en savoir plus sur cette réforme et sur l’éducation en France, cliquez ici 

#ESPAGNE – Révolution dans les urnes en Espagne lors des dernières élections régionales et municipales

Carte Espagne Catalogne novembre 2014

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Pourquoi les Espagnols sont allés aux urnes le 24 mai ?

Tous les 4 ans, les Espagnols renouvellent leurs conseils municipaux et leurs conseils régionaux. Ce sont des élections particulièrement importantes dans la Péninsule ibérique car les régions disposent d’énormément de compétences et d’autonomie (éducation, santé… etc).

Mais c’est surtout que ces élections servent de test aux nouveaux partis émergents tel que Podemos (en français, « Nous pouvons », parti d’extrême gauche) ou Ciudadanos (en français « Citoyens », parti de centre droit) en prévision des élections législatives qui auront lieu à la fin de l’année.

En Espagne, pas d’élection présidentielle (ils ont un roi, eux, ils assument) : pour eux les élections reines ce sont les législatives qui permettent de former un gouvernement et de désigner un Premier Ministre, le véritable « boss » pendant 4 ans.

Comment se fait-il qu’en Espagne, de nouveaux partis apparaissent ?

Les politiques espagnols n’ont pas meilleure presse qu’ailleurs en Europe. C’est même pire si on prend en compte le nombre considérable de cas de corruption caractérisée, à tous les échelons du pouvoir.

En 2013, ce sont plus de 1600 cas de corruption mettant en cause des politiques qui ont été jugés. En 2015, le pouvoir judiciaire en compte déjà 500. Vous ajoutez à cela le fait que plus d’un jeune sur deux est au chômage (il s’élève à 24% de la population active), les Espagnols ont de quoi tirer la gueule malgré de timides signes d’amélioration (une prévision d’augmentation de PIB à 1,9% wouhou!).

Bref, en Espagne, la population veut du changement et des petits malins l’ont bien compris. C’est le cas de Monica Oltra par exemple qui s’apprête à devenir maire à Valence suite à la victoire de son parti Coalicio compromis, proche des idées de Podemos. Elle s’était fait remarquer en 2009 en arborant un T-Shirt portant une photo du président de l’Assemblée régionale de la Communauté Valencienne avec la mention « Wanted. Alive only ». Ce dernier, Francisco Camps (PP, le parti de droite en Espagne), était impliqué dans de nombreux cas de corruption.

Est-ce que les bolchéviques sont arrivés au pouvoir en Espagne ?

On se calme. Les nouveaux partis espagnols ont gagné leur pari : bousculer le système politique.

  • Ils n’ont pas toujours « gagné » en nombre de voix les élections du 24 mai dernier et ils ne sont pas capables de diriger à eux seuls des villes ou des régions.
  • En revanche, ils ont recueilli suffisamment de suffrages pour peser dans la constitution de nouvelles majorités avec le parti socialiste (PSOE), notamment pour faire tomber la droite qui dirigeait la plupart des régions et des grandes villes en Espagne depuis 2011.
  • Surtout, ils ont réussi à imposer de nouvelles têtes et leurs messages dans les médias.

C’est le cas à Madrid avec Manuela Carmena, une juriste de 71 ans dont la liste Ahora Madrid (soutenue par Podemos) est arrivée en deuxième position (derrière la droite et devant le parti socialiste). C’est un peu une Eva Joly madrilène si vous préférez. S’ils parviennent à s’entendre avec le PSOE, elle pourrait devenir la nouvelle maire de la capitale espagnole.

A Barcelone, deuxième plus grande ville du pays, c’est Ada Colau et sa liste Barcelona en Comu-e qui a emporté le plus de voix. Ada est une militante d’extrême gauche de 41 ans proche de ce que nous avons connu à Paris avec le mouvement des Don Quichotte, très portée sur les questions de logement. Si elle parvient à négocier des accords avec les autres partis de gauche, elle pourrait également être la prochaine maire de Barcelone et a déjà promis qu’elle réduirait son indemnisation de 75%.

Certes mais du coup en Espagne on s’approche d’un   scénario à la grecque comme avec Syriza ?

Oui et non. Oui car Syriza, Podemos et toutes les déclinaisons de ce dernier dans les différentes régions d’Espagne ont des programmes assez proches : remise en cause de la dette, sortie de l’euro, revenu de base, démocratie participative, droit au logement… etc. Manuela Carmena a déjà promis un plan de 200 millions d’euros pour assurer à tous les Madrilènes les biens de première nécessité (eau, électricité, logement, nourriture), de quoi filer des frissons aux agences de notation, à la Commission de Bruxelles et aux socialistes français qui craignent de voir apparaître de tels mouvements en France.

Il reste que ces mouvements doivent désormais se frotter aux logiques des pactes de majorité s’ils veulent gouverner et ils n’auront pas nécessairement les mains libres pour appliquer l’intégralité de leur programme.

Enfin, le renouveau politique concerne tout l’échiquier politique espagnol : Ciudadanos est un nouveau parti de centre droit (c’est un peu le Modem espagnol) qui a fait également de belles percées lors de ces élections.

En attendant les élections législatives, qu’est-ce qu’on retient de ces élections ?

Le changement du personnel politique qui se met en marche. D’accord ou pas avec les idées de Podemos, il est quand même étonnant de voir qu’en 4 ans, le temps d’une mandature, un mouvement qui vient de la rue (appelé le mouvement des « indignés » depuis 2011) a su se constituer en parti et conquérir les principales villes du pays en y mettant à leur tête des femmes jusqu’alors inconnues du grand public.

Surtout, la participation a augmenté de 8 points par rapport aux élections de 2011 et le nombre d’espagnol qui se dissent intéressés par la politique a considérablement augmenté (il a doublé entre 2006 et 2012). Et ça, ça ne peut être que positif non ?

Si vous souhaitez en savoir plus sur la situation politique en Espagne, cliquez ici 

#RENSEIGNEMENT Jugée illégale par la justice américaine, la collecte massive de données par la NSA pourrait toutefois se poursuivre

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Que s’est-il passé ?

En France, nous avons tendance à renforcer la surveillance, notamment avec la loi sur le renseignement encore en discussion. Mais aux Etats-Unis comme au Royaume-Uni, la tendance est plutôt au recul en la matière.

Une cour d’appel fédérale (Connecticut, New York, Vermont) a considéré le 7 mai que la collecte massive de données téléphoniques par la National Security Agency (NSA) était illégale, le Gouvernement ayant outrepassé le cadre fixé par le Congrès américain, l’“article 215” (section 215) de la loi antiterroriste dite Patriot Act. En effet, si les documents internes des entreprises pouvaient être requis, les données téléphoniques de leurs clients dépassaient ce cadre (données personnelles versus “documents”). La cour a ainsi jugé que cette interprétation du Patriot Act par la NSA était contraire à la Constitution.

Si c’est illégal, cela va s’arrêter ?

Pas tout à fait, en tous cas rien n’est certain à ce stade.

Cette position de la justice américaine intervenait quelques semaines avant que le Congrès ait à se prononcer sur la reconduction des dispositions antiterroristes contestées, adoptées dans le contexte des attentats du 11 Septembre 2001 et censées expirer le 1er juin.

Or si la Chambre des représentants américaine (équivalent de notre Assemblée nationale) a privé la NSA de collecte massive de données aux Etats-Unis le 13 mai avec l’adoption de l’USA Freedom Act, soutenu par la Maison Blanche, le Sénat a rejeté cette limitation des pouvoirs des services de renseignement américains le 23 mai.

En réalité, le Sénat n’a pas non plus réussi à voter l’extension du Patriot Act, au moins à deux mois en vue d’éviter un vide juridique. Les précédentes reconductions remontaient à 2005, 2010 et 2011 et le vote de la dernière chance a eu lieu le 31 mai (résultat inconnu à l’heure où j’écris ces lignes).

Mais le Patriot Act, c’est efficace contre les méchants ?

Si encore cela l’était… Mais le FBI lui-même a admis qu’aucune grosse affaire n’a été résolue grâce aux données collectées sur le fondement Patriot Act.

Et pendant ce temps, en Allemagne…

Début mai, le quotidien Süddeutsche Zeitung révélait que les services secrets allemands (le BND) auraient mis en oeuvre un système d’espionnage politique (Commission Européenne, ministère des affaires étrangères, Elysée, etc.) pour le compte de la NSA entre 2002 et 2013. La chancelière allemande Angela Merkel s’est contentée de rappeler la nécessaire collaboration entre services de renseignement allemands et américains même si l’espionnage entre alliés “ne devrait pas se produire”.

Circulez, il n’y a rien à voir (mais tout à écouter).

Si vous souhaitez en savoir plus sur les méthodes de la NSA, cliquez ici 

#BAVURES Aux Etats-Unis, de nouvelles bavures policières ont déclenché des émeutes à Baltimore, aboutissant à la poursuite judiciaire de six policiers

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Que s’est-il passé ?

Après les manifestations de Ferguson fin novembre suite à la mort de Michael Brown et celles liées à la mort d’Eric Garner mi-décembre,  les policiers new-yorkais avaient boudé quelque temps en janvier contre les déclarations “anti-policiers” de Bill de Blasio, le maire de New York. Mais de nouvelles bavures policières ont eu lieu en avril (affaires Walter Scott et Freddie Gray), faisant remonter la tension.

Le 27 avril, les funérailles de Freddie Gray, jeune homme noir de 25 ans mort dans un commissariat d’une blessure aux cervicales dans des circonstances inexpliquées, déclenchaient des émeutes à Baltimore (60km de Washington). Des centaines d’individus y ont affronté les policiers, un couvre-feu a été décrété pendant une semaine et la garde nationale du Maryland est intervenue. La violence policière et les tensions inter-raciales sont particulièrement importantes à Baltimore, où 65% de la population est noire et 22% vit sous le seuil de pauvreté.

Comment a réagi le Gouvernement ?

Le président Barack Obama a condamné les débordements mais appelé les Etats-Unis à un “examen de conscience”. Même si le taux de criminalité est important dans le pays, les violences policières y tuent tout de même 400 personnes par an, considérées comme “justifiable homicide” (on ne parle même pas de “légitime défense” ou “d’accident” – sic).

La militarisation de la police et plus largement de la société jouent leur rôle aussi. Barack Obama a ainsi annoncé mi-mai que les véhicules blindés à chenilles et armes à feu de très gros calibre ne pourront plus être utilisés par la police, ce qui est un petit début pour rétablir la confiance avec la société civile.

Cependant, s’agissant des armes à feu, malgré 1, 38 million de victimes aux Etats-Unis (plus que toutes les guerres menées par le pays depuis 1775, qui ont fait 1,171 morts), les lobbys américains sont puissants et la route sera sans doute encore (très) longue.

Gif US

Et la justice américaine ?

Dans l’affaire Freddie Gray, la procureure du Maryland a annoncé le 1er mai que six policiers de Baltimore seront notamment poursuivis pour meurtre et violences volontaires. Ces policiers (3 blancs et 3 noirs) étaient formellement poursuivis le 21 mai suite à la décision d’un grand jury, conformément à la procédure aux Etats-Unis. Ils seront assignés à comparaître le 2 juillet.

Notez que le procès de l’officier Robert Bates, pour le meurtre d’Eric Harris, se déroule en Oklahoma depuis le 13 avril. Si les poursuites deviennent plus systématiques, ce serait déjà un net progrès.

Une autre bonne nouvelle ?

OUI, John Oliver a fait non pas une, mais DEUX sujets liés.

  • Sur Ferguson, MO et la militarisation de la police américaine :

  • Sur les amendes abusives de la police américaine : Civil Forfeiture 

Si vous souhaitez en savoir plus sur les bavures policières aux Etats-Unis, cliquez ici 

#MACEDOINE Entre conflit interethnique et crise politique, la Macédoine pourrait connaître un sort similaire à celui de l’Ukraine

Carte Macédoine en Europe 2015
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Que s’est-il passé ?

Non, la Macédoine n’est pas qu’une salade (cf. carte).

Le week-end du 9-10 mai, des assaillants principalement d’origine albanaise ont attaqué une région au nord du pays (environ 40 km au nord de la capitale Skopje) et tué 8 policiers. 14 des hommes armés ont été tués et une trentaine ont été arrêtés et inculpés pour terrorisme.

Si les partis albanais ont condamné ces opérations militaires, les combats ont été suivi, le 16 mai, de manifestations d’opposition au Gouvernement, appelant à sa démission ; le Gouvernement a répliqué en envoyant ses partisans manifester à leur tour le lendemain. Ces manifestations se poursuivent encore aujourd’hui.

Pourquoi y a-t-il des tensions en Macédoine ?

Les évènements du week-end du 9 mai succèdent à une autre intervention d’un groupe armé d’Albanais venus du Kosovo, le 21 avril, qui réclamaient la création d’un Etat albanais qui regrouperait le Kosovo et des territoires de Macédoine et Serbie.

Pour ceux qui n’ont rien suivi du tout, la Macédoine n’est indépendante que depuis 1991, suite au démantèlement de l’ex-Yougoslavie. Elle compte 2,1 millions d’habitants de majorité slave orthodoxe. Les Albanais, musulmans, y représentant un quart de la population.

Or au début des années 2000, un premier conflit interethnique de 6 mois avait opposé les armées macédoniennes et les rebelles albanais (Armée de libération nationale, UCK), réclamant plus de droits au sein de la société, en particulier le long des frontières avec le Kosovo et avec l’Albanie où les Albanais sont majoritaires. Ce conflit s’est achevé par la signature des accords de paix d’Ohrid en août 2001.

A ces tensions s’ajoute une crise politique. En avril dernier, Zoran Zaev, chef du principal parti d’opposition macédonien (social-démocrate avec le SDSM) a dénoncé les mauvaises pratiques et la corruption du Gouvernement en rendant publics une série d’enregistrements téléphoniques. Le parti au pouvoir (le conservateur VMRO-DPMNE), dirigé par le Premier ministre Nikola Gruevski, a depuis beau appeler à une Macédoine stable et forte, les tensions continuent de monter.

Ces différents éléments font craindre “un nouveau Maïdan”.

“Un nouveau Maïdan” ? De quoi s’agit-il ?

La plus grande crainte est celle d’une guerre civile, plus précisément d’une crise similaire à la guérilla de 2001 ou pire, à celle d’Ukraine, qui a cristallisé les tensions entre Est et Ouest.

La révolution de Maïdan ou mouvement de la place de Maïdan désigne en effet les évènements du 20 février 2014 à Kiev, lorsque plus de 20 000 manifestants ont amené le président ukrainien Victor Ianoukovitch (proche du Kremlin) à démissionner. Ce mouvement a marqué le début du conflit ukrainien entre séparatistes pro-russes et armée ukrainienne, qui dure encore aujourd’hui (annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014, guerre de Donbass en avril-juin 2014, etc.).

En bref, les mêmes ingrédients (crise politiques, tensions interethniques, etc.) sont réunis pour une nouvelle crise comparable à la crise ukrainienne. Retenez que ce n’est pas une bonne nouvelle.

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#GRECE Le gouvernement grec joue ses dernières cartes auprès du FMI et de la BCE

Carte de la Grèce janvier février 2015 Capsule
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Que s’est-il passé ?

Depuis la victoire de la coalition anti-austérité Syriza en Grèce en janvier dernier, le premier ministre grec Alexis Tsipras et son gouvernement négocient avec les créanciers de la troïka (Banque Centrale Européenne (BCE), Commission européenne et Fonds Monétaire International (FMI)).

La Grèce est parvenue tant bien que mal à tenir ses dernières échéances de remboursement. Mais les discussions autour de son redressement économique et des aides (7,2 milliards de dons de sauvetage) qu’elle pourrait encore recevoir n’en finissent pas.

Je ne comprends rien : que cherche à obtenir la Grèce ?

Schématiquement, la Grèce est très endettée (317 milliards à fin 2014) et se retrouve dans un cercle vicieux puisqu’elle doit continuer d’emprunter et d’obtenir des aides pour pouvoir rembourser ses prêts et leurs intérêts. Or ses créanciers souhaitent lui imposer des mesures d’austérité budgétaire (discours “montrez-vous que vous savez faire des efforts et on vous fera confiance”) alors que Syriza a remporté les dernières élections grecques sur un programme anti-austérité. Politiquement, c’est tout de suite moins facile.

Aujourd’hui, les prêts accordés à la Grèce lui permettent de faire face à ses dépenses nationales. Si demain elle ne bénéficie plus de prêt (que cela soit auprès de la zone euro ou auprès du FMI), vu l’état de ses caisses, elle devra réduire ses dépenses au maximum le temps de se refaire une santé économique, et dans l’intervalle, sortir de l’euro. En bref, à côté de ce qui l’attend en cas de défaut de paiement, l’austérité à la sauce troïka, c’est de la blague.

Et quoi de neuf ce mois-ci ?

Fin avril, le ministre grec des finances Yannis Varoufakis était écarté des discussions de l’Eurogroupe (réunion des 10 ministres des finances des pays de la zone euro) au profit du premier ministre Tsipras a priori plus coopératif.

Mi-mai, compte tenu de la “situation d’urgence économique” du pays, la Grèce vidait son compte au FMI en vue de rembourser les intérêts de sa dette… au FMI (et ainsi montrer qu’elle pouvait faire des concessions sur le programme politique de Syriza, l’objectif étant qu’on continue à lui prêter de l’argent).

Le 27 mai enfin, on apprenait qu’une ébauche d’accord technique aurait été trouvée entre la Grèce et ses créanciers… sauf que Varoufakis (toujours le même) refuse toujours de suivre les mesures d’austérité réclamées par les créanciers et qu’en parallèle, le directeur du Mécanisme européen de stabilité (MES) Klaus Regling estime que faute d’accord, la Grèce n’obtiendra aucun fonds supplémentaire (et deviendrait donc insolvable).

Dès le lendemain, FMI et Commission européenne déclaraient qu’en fait non, il y a encore du boulot.

Et après ?

L’épilogue sera pour cet été.

En juin, la Grèce doit rembourser 1,6 milliard d’euros au FMI, qui n’accepte ni délai ni négociation de ses créances. Donc ça sent vraiment le roussi (la Grèce en arrive même à puiser dans les réserves de maisons de retraite).

En juillet et août, elle doit par ailleurs 6,7 milliards à la BCE.

Au bout du bout du bout du bout.

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#NEPAL Touché par plusieurs séismes en trois semaines, le Népal amorce sa reconstruction

Carte Népal 2015 Capsule journal
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Que s’est-il passé ?

Le 25 avril, le Népal a été frappé par un séisme de magnitude 7,8, suivi d’une réplique de magnitude 6,7 le lendemain et de violentes avalanches dans l’Everest, soit plus de 8000 morts et des dizaines de milliers de blessés en deux jours.

Jamais deux sans trois : un dernier tremblement de terre d’une magnitude de 7,3 avait lieu le 12 mai.

Outre les pertes et blessures humaines (les bilans sont encore provisoires), de nombreux sites classés par l’UNESCO sont désormais en ruines, notamment dans la capitale Katmandou (la tour de Dharhara, la place Durbar, etc.).

C’est où déjà, le Népal ?

Le Népal a la particularité de se situer à la jonction entre deux plaques tectoniques (eurasienne et indienne), ce qui a d’ailleurs permis la naissance des montagnes de l’Himalaya puisque chaque année, la plaque eurasienne glisse d’environ 4 cm sous la plaque indienne.

L’Inde et la Chine voisines ont d’ailleurs également été touchées par les séismes.

Attendez : on pouvait donc anticiper ces séismes ?

Oui, puisque ce type d’évènement survient environ tous les 50 ans. En décembre dernier, le journal « Nepali Times » craignait d’ailleurs un séisme imminent.

Les moins protégés, comme souvent, étaient les habitants les plus pauvres vivant dans des maisons anciennes ou des immeubles récents qui n’avaient pas été construits conformément aux normes sismiques. Inversement, les constructions des plus riches ont bien résisté.

Au-delà de la prévention, le gouvernement népalais a été vivement critiqué pour sa mauvaise gestion des opérations de secours, ce qui ne risque pas de faire remonter sa cote dans un pays instable politiquement. Depuis 2006 et la fin d’une guerre civile de 10 ans, et surtout depuis 2008, le pays ne parvient même pas à se doter d’une nouvelle Constitution.

Comment a réagi la communauté internationale ?

De nombreux pays ont envoyé une aide financière, matérielle ou logistique, avec le soutien des Nations Unies. Le Népal a même été débordé par l’abondance de l’aide internationale au regard de la taille de l’aéroport de Katmandou, des besoins logistiques pour répartir le matériel réceptionné (tentes, nourriture, etc.) et plus largement de la difficile coordination des secours sur place.

Enfin, la Chine et l’Inde essaieraient d’utiliser la catastrophe en vue d’étendre leur influence au Népal (la Chine pour asseoir sa puissance internationale, l’Inde à des fins électorales, en particulier au nord).

Certains considèrent qu’il s’agit d’un mal pour un bien (sic) et que ces évènements auront au moins permis aux dirigeants népalais de réaliser qu’il serait temps de s’occuper de leur population…

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#BURUNDI Le président du Burundi a déclenché la colère de l’opposition et de violentes manifestations en briguant un 3ème mandat

Carte Burundi 2015 Capsule journal
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Que s’est-il passé ?

Oui je sais, le Burundi vous ne savez même pas où c’est (en tous cas vous ne saviez pas – coucou la carte – et non Glwadys, « Burundi » ce n’est pas une posture de yoga).

Retenez que depuis l’accord de paix d’Arusha en 2000, qui a mis fin à une guerre civile entre les groupes Hutus et Tutsis, la Constitution du Burundi prévoit qu’aucun président ne peut briguer plus de deux mandats. Le président est par ailleurs censé être élu au suffrage universel direct.

Or l’actuel président Pierre Nkurunziza a officialisé le 25 avril qu’il candidaterait à la prochaine élection présidentielle, fin juin prochain, autrement dit qu’il briguerait un troisième mandat, ce qu’il justifie par le fait que sa première élection en 2005 ne s’est pas faite au suffrage universel mais par le Parlement. Cela a logiquement déclenché la colère de l’opposition puis des manifestations violentes dans le pays, en particulier lorsque la Cour suprême du Burundi a estimé début mai qu’elle ne voyait le problème (= 3 mandats pour Nkurunziza, ça passe même si la Constitution l’interdit). 12 morts le jour du jugement, quand même (30 en un mois).

Un coup d’Etat a enfin été tenté mi-mai en vue de la destitution du président Nkurunziza. Depuis, les manifestations et combats entre loyalistes (pro-Nkurunziza) et putschistes (contre) se poursuivent et le chef d’un parti hostile au président a été assassiné. Si l’opposition mêle encore actuellement des Tutsis et des Hutus, on craint surtout une nouvelle guerre civile issue d’une confrontation ethnique entre ces deux peuples.

Pourquoi craint-on une guerre ethnique entre Tutsis et Hutus ?

Ne pas respecter la Constitution, c’est ne pas respecter le fragile accord de paix d’Arusha et corrélativement le partage du pouvoir entre Tutsis et Hutus, qui visait à désamorcer les tensions entre ces peuples (les Hutus étant majoritaires au Rwanda et au Burundi, environ 80% de la population). Il semblerait que remettre cet accord en cause serait même l’objectif du camp du président (Hutu).

Cela ne vous dit rien ? Schématiquement, l’histoire du Burundi est marquée par des massacres ethniques, dont une longue guerre civile de 1993 à 2006 pendant laquelle l’armée majoritairement tutsie se battait contre des groupes hutus. Au Rwanda voisin, le conflit ethnique est allé jusqu’à un génocide des Tutsis en 1994 (plus d’un million de victimes).

Le plus gros problème, c’est qu’aucun partage des responsabilités n’a été établi publiquement après la fin de cette guerre civile qui reste pourtant présente dans les esprits.

Actuellement, l’armée représente paritairement Hutus et Tutsis, mais pourrait se scinder, ce qui serait le pire scénario. Le Rwanda redoute pour sa part que des Rwandais partent pour le Burundi soutenir d’éventuels combats, voire pour participer à un “nettoyage”.

Pour finir de vous situer l’ambiance, 15 des pays membres du Conseil de Sécurité de l’ONU se sont prononcés en faveur d’un report des scrutins de fin juin. L’Union européenne a de son côté annoncé le 28 mai qu’elle suspendait  sa mission d’observation électorale en raison d’une  « atmosphère de peur et d’intimidation généralisée », de  « l’absence de véritable campagne électorale » et plus largement, de l’absence de conditions permettant “la tenue d’élections crédibles”.

Alors pour le moment, ça va encore ?

Moui, disons qu’à quelques violentes manifestations près et des élections qui s’annoncent mouvementées, pour le moment, ça va encore.

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#MIGRATIONS Malgré les drames humanitaires en Méditerranée, les Etats européens continuent de privilégier la sécurité des frontières sur le secours et l’accueil des réfugiés

Carte routes immigration irrégulière en europe 2015 Capsule
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Que s’est-il passé ?

Suite aux derniers naufrages dramatiques en Méditerranée, la question de l’immigration irrégulière a connu un regain d’intérêt dans les Etats membres avec la mise en lumière de l’explosion récente du nombre de migrants tentant la traversée et du business d’extorsion et d’exploitation des réfugiés mis en place par les passeurs.

Surtout, l’Union Européenne a du expliquer et justifier pourquoi son « opération Triton », qui a prétendument pris le relais de l’opération italienne « Mare Nostrum », avait un budget 3 fois moins élevé et visait davantage la sécurité des frontières que le secours de naufragés. Depuis, ce budget a été triplé sans régler aucun problème. L’UE, sous couvert de lutter contre les passeurs, privilégie en effet une réponse armée, répressive, à une réponse humanitaire.

Quelle solution a proposé la Commission européenne ?

Mi-mai, la Commission européenne présentait notamment dans son Agenda européen sur la migration une idée de quotas obligatoires de demandeurs d’asile pour chaque pays européen, en fonction du PIB, de la population et des taux de chômage de chacun.

Mais certains pays européens, dont la France, ont majoritairement considéré qu’il s’agissait d’une attaque directe à la souveraineté nationale : le premier ministre Manuel Valls a ainsi déclaré que la France en faisait “déjà beaucoup” et a plaidé pour une “répartition plus équitable” en Europe. Concrètement, cela ne veut pas dire grand chose dans la mesure où les quotas visent précisément une meilleure répartition, mais vous savez, la politique, toussa. Surtout qu’on parle ici de personnes cherchant une protection, non de migrants économiques, et que les quotas de demandeurs laissent toute latitude à l’Etat de reconnaître ou non le statut de réfugié.

A cet égard, retenez qu’il faut distinguer nombre de demandeurs d’asile et taux d’octroi de ce statut. Or non seulement la France n’est que le 6ème pays le plus demandé au monde, derrière l’Allemagne, les Etats-Unis, la Turquie, la Suède et l’Italie, mais en outre seuls 22% des demandeurs d’asile obtiennent un statut de réfugié en France (contre 45% dans l’UE – données 2014).

Quid de l’opération Triton ?

L’idée des quotas ayant rapidement du être abandonnée, revenons en mer.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon, ayant appelé l’Union Européenne à faire plus pour aider les migrants, Frontex (agence européenne chargée des frontières extérieures de l’espace Schengen) a annoncé le 26 mai un important renforcement de ses moyens en Méditerranée. Pourquoi changer une méthode à laquelle peu de monde avec de l’influence s’oppose ?

Avec la nouvelle opération Navfor Med, les dirigeants européens envisagent d’étendre la mission de rescousse des migrants en mer au large des côtes libyennes (ce qui nécessite l’aval des Nations Unies)… mais cet objectif est secondaire, puisque cette opération vise avant tout la lutte contre le trafic des migrants et non les secours, raison pour laquelle Ban Ki-Moon et les organisations de défense des droits de l’Homme ont largement émis leurs réserves.

Ce n’est pas un changement total de politique, cela ne résout absolument pas la question de l’accueil des réfugiés et encore moins celui de leur départ et de leur maintien en vie, mais il faut croire qu’ils sont contents.

Pendant ce temps, au Sénat …

L’Assemblée nationale, en décembre dernier, visait à accélérer les procédures de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) tout en respectant les droits du demandeur, lorsqu’elle adoptait la réforme du droit d’asile en première lecture.

Or contre l’avis du gouvernement, le Sénat a durci ce texte en prévoyant que tout migrant qui se verrait refuser le statut de réfugié serait automatiquement obligé de quitter le territoire français. La suite dans quelques semaines après les négociations en commission mixte paritaire (7 sénateurs, 7 députés, comme le prévoit la procédure).

Pays des droits de l’Homme, ouais.

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#QATAR Le Qatar devient le 3ème pays en 3 mois à acheter des Rafales à la France

Carte Qatar 2015 Capsule journal
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LIRE LA SYNTHESE

 

Que s’est-il passé ?

Fin avril, le Qatar a confirmé sa volonté d’acquérir 24 avions Rafales, l’avion de combat phare de l’armée française fabriqué par Dassault. Ce contrat de 6,3 milliards d’euros signé début mai est le troisième en trois mois, après l’Egypte et l’Inde, alors que les Rafales n’avaient jamais été vendus à l’étranger auparavant. La Malaisie et les Emirats Arabes Unis pourraient être les suivants.

Et alors ?

Comme par hasard, alors que le Secrétaire d’Etat aux transports déclarait il y a trois mois que “plus aucun droit de trafic n’est accordé par la France aux compagnies du Golfe”, voilà que Qatar Airways vient d’obtenir de nouveaux vols en France, à Lyon et Nice.

Le Qatar, un peu plus grand que la Corse, est une monarchie sunnite* comme l’Arabie Saoudite mais qui s’en distingue notamment par ses rapports avec les Frères Musulmans (organisation réformiste égyptienne : le Qatar les soutient, l’Arabie Saoudite non). Ces deux pays frontaliers sont même désormais rivaux.

L’ambiance est toutefois significativement la même en termes de Droits de l’Homme : par exemple, le Qatar organise la Coupe du Monde de Football de 2022, et des appels au retrait des sponsors circulent déjà pour dénoncer les conditions de travail inhumaines en préparation de l’évènement (travail forcé, esclavagisme).

Mais bon, les Droits de l’Homme, ça rapporte pas un centime.

*Pour un rappel sur les chiites et sunnites, relisez le numéro de Capsule du mois dernier :)

Mais c’est une bonne nouvelle pour l’économie française tout de même, non ?

C’est une bonne nouvelle pour Dassault, certainement, et il va bien falloir tenir le rythme de production tout en continuant de fournir l’armée française.

Il reste que ce mois-ci, le président François Hollande a annoncé une rallonge budgétaire pour la Défense (maintien des budgets de l’Education, la Justice, l’Intérieur et la Culture, baisse de tous les autres budgets) et que les exportations françaises d’armes explosent avec un record en 2014 qui devrait se poursuivre par un nouveau record en 2015.

Je veux bien que le ministère de la Défense ait été très sollicité depuis janvier avec la menace terroriste et blablabla, en attendant c’est toujours un peu gonflé de refourguer des armes d’un côté et de feindre la surprise d’une menace armée de l’autre.

C’est tout ?

Pas tout à fait. Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, s’est rendu à Ryadh (Arabie Saoudite) début mai pour négocier divers contrats avec les autorités saoudiennes, dans les secteurs de l’aviation civile, des transports et de l’énergie, pour plusieurs dizaines de milliards d’euros. Il faut croire qu’on veut vraiment être copains avec tout le monde dans le coin, en somme.

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C’est arrivé aussi en mai …

… Capsule en avait déjà parlé, voici la suite :

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  • SYRIE – Ce n’est décidément pas la fête en Syrie où le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida (ennemis de Daech, mais tout aussi terroriste) a remporté pour sa part une victoire stratégique au nord-ouest de la Syrie (proche de la frontière avec la Turquie), en prenant la ville de Jisr Al-Choughour. Quitte à ce que ce soit le bordel jusqu’au bout, la Turquie et l’Arabie Saoudite ont de leur côté passé un accord pour aider les rebelles syriens (parmi lesquels se planquent des branches terroristes) à lutter contre Bachar el-Assad, dictateur syrien responsable d’une guerre civile qui a fait plus de 200 000 victimes en Syrie.
  • BOKO HARAM – Restons dans les cinglés avec la secte nigériane Boko Haram, avec une bonne nouvelle pour changer.  Fin avril, plus de 700 otages ont été libérés, dont de nombreux femmes et enfants (plus de 2000 personnes ont été enlevées par Boko Haram depuis 2014).

… il vaut peut-être mieux en parler ultérieurement :

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  • EGYPTE – L’ancien président égyptien Mohamed Morsi (premier président élu démocratiquement dans le pays) a été condamné à mort le 16 mai pour des évasions de prison et des violences durant la révolution de 2011, qui avait permis la destitution du dictateur Hosni Mubarak. Morsi était le représentant politique des Frères Musulmans, groupe religieux influent dans le Moyen-Orient mais sévèrement réprimé en Egypte depuis 2013.
  • ANTILLES – Outre Cuba (voir plus haut dans les brèves de ce mois-ci), le président François Hollande a visité les Antilles françaises pendant cinq jours mi-mai, notamment afin de régler quelques contentieux fiscaux. La tournée ressemblait davantage à un début de campagne électorale, avec l’annonce de plans de défiscalisation pour les investisseurs étrangers et de plus importants effectifs policiers (sans oublier la point écolo en présence de la ministre de l’Ecologie Ségolène Royal). La dernière visite présidentielle dans le coin remontait à … Valéry Giscard d’Estaing, en 1980.
  • REQUINS – Les requins de la Réunion sont menacés parce qu’ils dérangent… les surfers. Un résumé ici. 

… en bref :

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  • LOGEMENT – Enfin, Michel Sapin (ministre français des Finances et des Comptes Publics) a reconnu que l’actuelle politique du logement était totalement inefficace et a annoncé mi-mai que d’importantes économies allaient être faites. La France consacre 2 fois plus que la moyenne en zone euro au logement (2,1% de PIB en aides aux constructeurs et aux particuliers), or l’objectif de 500 000 logements par an est loin d’être tenu (219 000 mises en chantier en 2014, c’est même moins qu’en 2013).
  • AIRBAGS – L’entreprise japonaise Tataka Corp (oui c’est un nom rigolo) a déclaré presque 34 millions d’airbags défectueux, installés entre 2002 et 2008. Quand on sait que cette entreprise fabrique et fournit des airbags pour onze grandes marques internationales, on flippe un peu. Le rappel des millions de véhicules concernés aux Etats-Unis va être historique  (quasi-équivalent au rappel de l’ensemble du parc automobile français, pour vous situer).
  • AOL VERIZON – La société AOL est rachetée par le deuxième opérateur téléphonique américain, Verizon, pour 4,4 milliards de dollars.

Gif abeilles

… et outre le buzz, on s’en fout :

  • ROYAL BABY – Le suspens était insoutenable : la fille de Kate et William, leur second royal baby, 1ère princesse depuis 25 ans et 4ème dans l’ordre de succession au trône de son arrière grand-mère la reine Elisabeth II, est née le 2 mai 2015 et s’appelle Charlotte Elizabeth Diana.

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  • JOURNEE DE SOLIDARITE – Le 25 mai, certains travaillaient, d’autres non, vous êtes perdu, ce n’est pas grave, on vous explique ici. 2,4 milliards d’euros sont reversés par les employeurs à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie à la Pentecôté (0,3% des salaires versés ce jour-là), c’est quand même pas mal.

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Numéro rédigé par Aurélie Daniel, pages « en savoir plus » et synthèse « Espagne » par Antoine Veteau

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