#23 « Et tu le vis comment, de débarquer dans un métier que tu ne connais pas, en plus dans un secteur en crise? »

Classé dans : Le Journal d'un canard | 0

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Cette question m’a été posée par un pote journaliste, il y a quelques semaines.

La réponse est assez simple: je le vis plutôt très bien, et pour tout dire, je me suis rarement autant éclatée dans mon boulot de toute ma vie.

Débarquer dans un secteur qu’on ne connait pas, c’est un peu comme débarquer dans la vie professionnelle après ses études

… ou dans une nouvelle boîte, une fois qu’on a déjà quelques expériences en entreprise. Vous voyez l’idée.

On découvre les concurrents, les clients, les petits problèmes politiques avec lesquels on doit composer, ce qui fera qu’on progresse ou non… oui, on découvre de nouvelles règles du jeu, et en réalité, tout ne peut bien se passer que si on accepte d’apprendre.

C’est exactement la position dans laquelle je me trouve actuellement. Comme chacun d’entre nous passant d’un cadre à un autre, je m’adapte.

Le seul risque, je le connais, je l’ai déjà vécu, c’est celui des erreurs des débutants.

Alors j’apprends. Je fais des recherches, je pose des questions,  je me forme, et je l’espère, je progresse. Je prends le temps de comprendre pour pouvoir mieux exécuter, passer de la belle idée à la bonne idée.

Je n’ai pas peur de ne pas savoir, et je pense même que c’est bien plus confortable que d’être sensé savoir. Avec un regard extérieur, un peu naïf sans doute, un peu neuf, on peut plus facilement innover – à l’inverse, comment innover quand on a été (dé)formé à base de « c’est comme ça qu’on (a toujours) fait »?

La logique de Capsule va même un peu plus loin. Nous travaillons complètement en innovation ouverte. Chaque étape du développement, chacune de nos recherches et de nos réflexions, se trouve dans ces pages. Je ne crains pas une seconde d’en parler autour de moi, car chacun de mes interlocuteurs est au moins peut-être un potentiel lecteur, dans d’autres cas un professionnel dudit secteur, plus expérimenté, susceptible de m’enseigner quelque chose, et bien souvent sans le savoir, de faire émerger de nouvelles idées. Parfois je réalise que le « on a toujours fait comme ça » a de bonnes raisons, parfois non. J’essaie de faire le tri.

Non, je n’ai pas peur qu’on nous « pique l’idée », qu’on nous pique quoi que ce soit d’ailleurs.

D’abord, contrairement à un média en ligne, l’investissement de départ au lancement d’un titre papier est suffisamment important pour constituer une bonne barrière à l’entrée.

Ensuite, si j’ai décidé de monter ce mensuel, c’est parce que je ne le trouvais pas ailleurs: si vous voulez le créer de votre côté, allez-y, je serai votre première lectrice! Et si vous préférez nous rejoindre et nous aider à le faire, vous êtes bienvenus, qu’il s’agisse de laisser un petit commentaire ici ou là, de nous soumettre vos idées par email, de contribuer vous aussi à ces pages, de rejoindre l’équipe… la porte est grande ouverte.

Enfin et surtout, la précédente entreprise que j’ai créée m’a largement démontré qu’au-delà de l’idée, bien au-delà, c’est l’exécution qui importe. N’importe quel entrepreneur, et j’entends par là entrepreneur ayant déjà lancé une première entreprise, vous le confirmera. Cela vaut pour absolument toute création, entrepreneuriale, artistique, etc. Dans le cas contraire, prenons un exemple facile, il y a bien longtemps que plus personne ne tenterait d’écrire de chansons d’amour (quel que soit le thème ou l’angle, vous en connaissez des centaines, les bonnes se distinguent par leur exécution: composition, voix, musiciens, paroles, arrangements, etc.).

Oui, c’est dans l’exécution que tout va se jouer.

Débarquer dans un secteur en crise?

J’ai commencé mes nombreuses recherches par là: cerner l’étendue de la crise, tenter de comprendre ses causes, réaliser assez vite que la crise était loin d’être généralisée, que certains titres allaient même très bien.

Se contenter de l’a priori d’une crise, c’est trop facile. Il n’y a pas de problème sans solution, que des problèmes mal posés.

Un angle, un ton et un positionnement originaux, un fonctionnement efficace, voilà ce qu’il faut trouver, voilà ce qu’il faut créer et concrétiser. Tous les entretiens que je réalise avec des directeurs de publication et/ou rédacteurs en chef de nouveaux médias, sur papier ou non, me le confirment. L’ensemble de vos retours sur le projet aussi, d’ailleurs. Conséquence logique, Capsule est avant tout aujourd’hui une quête de cet angle, ce ton, ce positionnement, ce fonctionnement.

Et il y a des jours où les doutes m’envahissent, bien sûr. Où je crains que tout cela ne mène à rien, que je me plante – d’angle, de ton, de positionnement, mais plus largement de projet. Tout cela demande tant d’investissement personnel et financier que le contraire serait probablement inquiétant, oui.

Ces doutes me paralysent un moment, m’empêchent de travailler, m’empêchent de réfléchir. « On n’y arrivera jamais », « c’est impossible de vendre un truc pareil », « on ne trouvera pas les fonds », « je ne saurai pas coordonner tout cela en temps voulu, qui plus est chaque mois », « est-ce ce que je veux et peux faire? »… Tant que ces doutes passent, souvent au bout de quelques jours, je continue. Ces phases de doutes permettent également de prendre un peu de recul, parfois, de sortir la tête du guidon pour regarder le paysage.

« Il n’y a plus qu’à ». C’est énormément de travail, de la peur parfois bien sûr, qui ne tente rien n’a rien. Le résultat sera là dans quelques mois.

Vous pensez qu’on fait n’importe quoi? Je me répète, dites-le nous!

Quoi qu’il en soit, en attendant, sincèrement et entre nous… qu’est-ce qu’on s’éclate!

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Fondatrice de Capsule, curieuse, stakhanoviste, entreprenante et enthousiaste

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